Quimper

Énergie

Entech smart energies prêt pour l’industrialisation

Par Isabelle Jaffré, le 17 janvier 2019

Spécialisée dans la conversion et le stockage d’énergie pour les réseaux électriques intelligents décentralisés (ou smart grids), Entech smart energies, créée en 2016 à Quimper, vient de lever 5 millions d'euros auprès de deux fonds régionaux du Crédit Agricole. Un investissement dans un nouveau bâtiment va permettre à l’entreprise d’optimiser sa production.

Christopher Franquet et Laurent Meyer, cofondateurs d’Entech Smart Energies à Quimper
Christopher Franquet et Laurent Meyer, cofondateurs d’Entech Smart Energies, se préparent à une forte croissance et une vingtaine d'embauches en 2019. — Photo : Pierre Gicquel - Le Journal des Entreprises

C’est une véritable montée en puissance qui a été amorcée fin 2018 par Entech smart energies. La start-up quimpéroise, créée en février 2016, compte déjà 35 salariés et réalisait un chiffre d’affaires de 3 millions d’euros sur l’exercice 2017-2018. « On devrait atteindre 4,5 à 5 millions d’euros pour 2018-2019 », estime Laurent Meyer, directeur général et cofondateur avec Christopher Franquet. Et ce n’est que le début.

L’entreprise est spécialisée dans la conversion et le stockage d’énergie. Leur objectif est de répondre aux besoins des acteurs du marché des réseaux électriques intelligents décentralisés (ou smart grids) en réalisant des projets hybrides mêlant solaire, photovoltaïque, éolien, stockage et distribution et livrés clefs en main. Concrètement, le boîtier d'Entech permet de convertir l'électricité produite par diverses sources d'énergies renouvelables, pour des unités de production de moyenne et grande envergure. « Nous intégrons les métiers de l’étude, la conception, la production, l’installation jusqu’à la mise en service et l’exploitation », détaille Laurent Meyer.

Viser les îles et les pays émergents

Laurent Meyer, cofondateur et directeur général d'Entech Smart Energies à Quimper.
Laurent Meyer, cofondateur et directeur général d'Entech Smart Energies à Quimper. - Photo : © Isabelle Jaffré

Les équipes R & D d’Entech s’attaquent aussi à la problématique du stockage de l’énergie. « Nous arrivons sur un nouveau marché : les zones non interconnectées (ZNI). Typiquement, les îles : Ouessant, la Martinique, la Guadeloupe, la Corse, etc. », poursuit le dirigeant. Entech a par exemple travaillé avec le fabricant d’hydroliennes Sabella pour fournir Ouessant en électricité.

Autres marchés à explorer pour la société : les pays émergents en forte croissance. « Nous avons déjà commencé en Afrique. Nous aurons aussi des projets en Asie du Sud-Est d’ici à deux ans. Mais la priorité, pour l’instant, reste les ZNI. », indique Laurent Meyer. Le carnet de commande dépasse aujourd’hui les 10 millions d’euros.

L’heure de l’industrialisation a donc sonné pour Entech smart energies, après deux ans de R & D. Pour soutenir sa croissance, l’entreprise vient de lever 5 millions d’euros auprès de Force 29, le fonds de capital innovation du Crédit Agricole du Finistère, et Unexo Capital Investissement, la filiale des neuf Caisses régionales de Crédit Agricole du Grand Ouest. Les deux fonds sont désormais actionnaires minoritaires, avec des ambitions affichées : « Nous nous associons pour faire d’Entech l’ETI de référence dans les smart grids », commente Didier Hamon, chargé de participations chez Force 29.

Optimiser la production grâce à un nouveau bâtiment

Parallèlement, Entech smart energies prépare la construction d’un bâtiment sur-mesure, zone de Kerdroniou à Quimper. « Nous avons quitté la pépinière où nous étions en octobre pour occuper temporairement les anciens locaux de Capic, le fabricant de matériel de cuisine professionnel qui a déménagé en 2016. Nous avons 6 000 m² actuellement, ce qui nous permet de produire et honorer nos commandes. Mais le bâtiment n’est pas adapté à notre activité. C’est une solution provisoire », raconte le dirigeant. À Kerdroniou, Entech disposera de 4 000 m². « On espère la livraison pour début 2020 ». Un investissement de 4 à 5 millions d’euros qui va permettre à l’entreprise d’optimiser sa production. « Nous allons ainsi faire baisser les coûts de production et monter en compétence sur la production et le suivi de projets. »

Recruter pour suivre la croissance

Photo : Entech S.E

Car Entech doit aussi recruter. « Nous avons 20 embauches à faire : 6 à très court terme et 14 à 15 dans les six mois à venir. Il s’agit de suivre notre dynamique, qui est forte. En effet, nous devrions être 100 à 150 salariés d’ici trois ou quatre ans ! » Profils recherchés : des ingénieurs de différentes spécialités (informatique, électrotechnique) mais aussi des chefs de produits, des électriciens, des câbleurs, etc.

« Notre savoir-faire se base sur trois grandes compétences : électronique de puissance pour la conversion, informatique industrielle et l’intégration dans une "boîte". Notre solution est un investissement à l’achat mais il est plus performant sur la durée », explique Laurent Meyer. Le prochain défi pour les équipes R & D d’Entech sera de trouver des solutions de stockage. « Les énergies renouvelables sont intermittentes, l’enjeu sur le stockage est important », souligne le dirigeant.

Un pari possible à relever depuis Quimper ? « On s’est installé ici car nous y avions nos racines. J’ai le sentiment qu’il y a de réelles compétences ici avec Blue Solutions (la filiale batteries de Bolloré, NDLR) et Sabella, par exemple. La technopole aide aussi à cette émulation de l’écosystème », salue-t-il. La concurrence d’Entech est de toute façon mondiale : de grands groupes japonais et des acteurs naissants, à l’instar de la pépite quimpéroise.

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