Côtes-d'Armor

Artisanat

Raulet-Boulaire passé aux quatre jours depuis 20 ans s’en félicite chaque jour

Par Matthieu Leman, le 23 mai 2022

L’entreprise artisanale Raulet-Boulaire, installée à Plouguenast-Langast, "pratique" la semaine de quatre jours depuis 20 ans. Erlé Boulaire, le patron de cette PME spécialisée en électricité, plomberie, chauffage et ventilation, n’y voit que des avantages. Il a noté une productivité accrue et une satisfaction des salariés qui entraînent leur fidélité et… la tranquillité du chef d’entreprise.

Erlé Boulaire a instauré la semaine de quatre jours dans son entreprise artisanale il y a 20 ans.
Erlé Boulaire a instauré la semaine de quatre jours dans son entreprise artisanale il y a 20 ans. — Photo : Matthieu Leman

La semaine des quatre jours ne date pas d’hier dans l’entreprise artisanale Raulet-Boulaire (quatre salariés, un apprenti, 600 000 euros de chiffre d’affaires en 2021). "Les ouvriers déjà ne venaient pas le lundi mais ils travaillaient le samedi matin", se souvient Erlé Boulaire, qui a racheté la société spécialisée en électricité, plomberie, chauffage et ventilation en 1995. Il observe parallèlement que le samedi n’était pas productif. Entre le déchargement du chantier de la veille, le nouveau chargement et le transport, le temps effectif de travail n’était souvent que d’une heure. "Et puis il y avait les frais de transport le samedi et ceux de restaurant le samedi midi… J’ai donc réuni les salariés et on a discuté."

De "bonnes journées" productives

La décision prise à l’issue de cette discussion, il y a 20 ans, est le passage à une semaine de quatre jours, en 39 heures, du mardi au jeudi de 8 h à 19 h et le vendredi de 8 h à 18 h. "Ça fait des grandes journées mais ils savent que le vendredi soir, ils sont tranquilles jusqu’au mardi." Autre avantage noté par le Costarmoricain : une productivité et une disponibilité mentale accrues. Et ces "bonnes journées" permettent de rentabiliser les transports et mises en place. "Les chantiers avancent." Malgré des journées de 10 heures, le patron n’a pas connu de hausse d’accidents de travail, ni de lassitude. "Au contraire même, j’ai un salarié qui retape une maison le week-end : il n’en a pas assez de la semaine !", s’amuse le chef d’entreprise.

Erlé Boulaire, qui est par ailleurs président de la Capeb des Côtes-d’Armor, souligne que les structures artisanales favorisent cette gestion bienveillante des salariés. "L’humain est très important. Ce serait plus difficile à mettre en place avec 150 salariés." Le chef d’entreprise, de son côté, est plutôt dans la semaine des cinq jours et demi, du lundi au samedi midi. "Je fais la jonction mais ce qui m’intéresse, c’est de préserver les salariés. Ils le rendent bien : quand je pars en vacances, je dors sur mes deux oreilles." Dernier avantage : leur fidélité, d’autant plus appréciable en cette période de recrutements difficiles.

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