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Commerce

Le spécialiste de la glisse Oxbow retrouve l'équilibre

Par Anne Cesbron, le 15 novembre 2018

Il y a cinq ans, Bruno Delaporte engageait le rebond de l’entreprise de prêt-à-porter pour le surf Oxbow, basée à Mérignac (Gironde). Si les résultats sont là, le directeur général de la marque mise aujourd'hui sur une multiplication des points de vente et la reconquête de l'international.

Bruno Delaporte, directeur général d'Oxbow.
Selon Bruno Delaporte, directeur général d'Oxbow, la marque aujourd'hui relancée se sent à nouveau prête à développer sa présence à l’étranger. — Photo : DR

Pour la marque de vêtements et équipements spécialisée dans les sports de glisse Oxbow, l’année 2018 s’achève avec la satisfaction de connaître, pour la seconde fois consécutive, une croissance globale encourageante de son chiffre d’affaires : +6 %, après +4 % en 2017.

Bruno Delaporte, le directeur général d’Oxbow (117 salariés, 30 millions d’euros de CA) depuis 2013, date de la restructuration de l’entreprise girondine, envisage désormais l’avenir avec sérénité. D’abord et avant tout sur le marché français, celui qui assure 90 % du chiffre d’affaires de l’entreprise et où la PME rouvre des points de vente.

Des boutiques mieux implantées

En mars, la marque a débarqué à Paris avec l’ouverture d’une boutique à proximité du canal Saint-Martin. Le démarrage est lent pour les 80 mètres carrés de surface de vente et 35 de showroom de cette belle adresse mais, pour Bruno Delaporte, « il faut donner du temps au temps ». Le dirigeant estime qu’au moins deux ans seront nécessaires pour parvenir à la rentabilité du lieu et à la constitution d’une base d'un millier de clients fidèles.

À Anglet, au Pays basque, la boutique emblématique a déménagé au sein du centre commercial Bab 2. Celle de Toulouse a, quant à elle, regagné une rue du centre historique plus passante. À Troyes (Aube), la marque expérimente depuis mai une cohabitation avec Lafuma Mobilier, sa marque sœur au sein du groupe Lafuma (détenu depuis 2014 par le suisse Calida). Deux magasins d’usine sont également sur le point d’ouvrir à Aubergenville (Yvelines) et à Roubaix (Nord).

Miser sur le premium

Par ailleurs la marque continue de se diffuser via différents canaux, celui des grandes enseignes de sports et loisirs, telles Sport2000, Intersport et Go Sport, et celui des boutiques multimarques. « Nous y bénéficions déjà d’une notoriété, ce qui est intéressant pour eux », commente le dirigeant.

« Dès lors que les concurrents existent, c'est que le marché existe. »

Côté grands magasins, Oxbow est désormais présent dans plus de la moitié de la soixantaine de Galeries Lafayette. La marque y enregistre une croissance de 220 % en 2018. Une réussite due au segment premium qui décolle, à l’image de la collection 1985 avec son logo bleu-blanc-rouge en forme de planche de surf. « C’est véritablement notre marché de conquête », insiste Bruno Delaporte.

Surfer sur la concentration du secteur

« La fusion des concurrents historiques est en cours, conduite par un actionnaire commun, qui pilote à la fois le groupe Na Pali (Quicksilver, Roxy, DC Shoes) et le groupe GSM (Billabong, Element) », explique Bruno Delaporte, résolument positif. Il préfère voir dans ces nouvelles combinaisons l'émulation d’un marché où Oxbow a encore sa place. « Je suis ravi de ne pas être la dernière "maison de surf" à la française, ce qui serait dangereux. Dès lors que les concurrents existent, cela veut dire que le marché existe », analyse-t-il.

Cela signifie aussi qu’Oxbow se sent à nouveau prêt à développer sa présence à l’étranger. En Allemagne, où la PME concentre ses efforts, avant l’Espagne et le Benelux. La Chine et la Corée du Sud, dans le viseur, attendront encore un à deux ans.

Bruno Delaporte, directeur général d'Oxbow.
Selon Bruno Delaporte, directeur général d'Oxbow, la marque aujourd'hui relancée se sent à nouveau prête à développer sa présence à l’étranger. — Photo : DR