Auvergne Rhône-Alpes

Numérique

French Tech One : Saint-Étienne dévorée par l’ogre lyonnais ?

Par Gilles Cayuela, le 16 mai 2019

L'alliance entre Lyon et Saint-Etienne au sein de la French Tech One pour obtenir le précieux label "Capitale French Tech" suscite des inquiétudes, du côté stéphanois. Si, en théorie, la coopération semble bordée, qu'en sera-t-il dans la pratique ? 

Vincent Gallot et Baptiste Cacheleux, les deux dirigeants de Webqam, société de Saint-Etienne spécialisée dans la production de sites internet et applications mobiles
Vincent Gallot, codirigeant de l’agence de création de contenus numériques stéphanoise Webqam (à gauche), craint que la labellisation commune de Lyon et Saint-Etienne ne "vienne appauvrir le territoire (stéphanois) en ne concentrant les start-up que sur Lyon". — Photo : Gilles Cayuela - Le Journal des Entreprises

La candidature commune des métropoles de Lyon et Saint-Etienne a obtenu, début avril, le précieux label "Capitale French Tech". Reste désormais à savoir quelle va être la place du petit poucet stéphanois au sein de cette "French Tech One". Ne risque-t-il pas de se faire dévorer par l’ogre lyonnais ? « Il ne faudrait pas que cette labellisation commune vienne appauvrir notre territoire en ne concentrant les start-up que sur Lyon », s’inquiète Vincent Gallot, le dirigeant de l’agence Webqam.

Des fusions entre Lyon et Saint-Etienne, Guillaume Beyens en a déjà connu deux. « Celle des CCI n’a pas été profitable à Saint-Etienne, contrairement à celle des clusters du numérique, donnant naissance à Digital League, qui a permis à chacun d’exister », explique le business angel et ancien coprésident de Saint-Etienne French Tech. Exister… Tel va être l’enjeu pour Saint-Etienne, qui, avec 4 incubateurs (TEAM, USE’IN, MIND et RONALPIA), 2 programmes d’accélération (Village By CA et MIND/CCI) et une centaine de start-up accompagnées, dont 25 à fort potentiel, aura bien du mal à faire le poids face à la métropole lyonnaise.

La carte de la complémentarité Lyon/Saint-Etienne

« On ne joue pas dans la même cour mais tout va dépendre de la capacité des Stéphanois à se mobiliser et se regrouper pour porter des projets. Il faudra aussi que la coopération soit bien bordée », explique Guillaume Beyens. C’est semble-t-il le cas. « Nous avons fait valoir nos compétences en manufacturing avec Manutech, dans l’innovation santé et le design. Dès qu’un projet touchera à l’une de ces compétences, il sera orienté vers Saint-Etienne », illustre Marc Chassaubéné, vice-président de Saint-Etienne Métropole en charge du numérique. « Nous sommes dans une logique de complémentarité. Se répartir les savoir-faire garantit le respect de nos identités. »

Saint-Etienne a également obtenu la labellisation « Communauté French Tech », qui lui permet de conserver une communauté pluridisciplinaire. « À côté de ça, une start-up comme Gamebuino (qui conçoit une console de jeux vidéo portable rétro, NDLR), la seule dans son domaine à Saint-Etienne, pourra bénéficier de l’effet réseau lyonnais. Nous avons donc tout intérêt à ce que notre écosystème intègre un écosystème plus grand », conclut Dominique Paret, directeur de l’innovation de Saint-Etienne Métropole.

Vincent Gallot et Baptiste Cacheleux, les deux dirigeants de Webqam, société de Saint-Etienne spécialisée dans la production de sites internet et applications mobiles
Vincent Gallot, codirigeant de l’agence de création de contenus numériques stéphanoise Webqam (à gauche), craint que la labellisation commune de Lyon et Saint-Etienne ne "vienne appauvrir le territoire (stéphanois) en ne concentrant les start-up que sur Lyon". — Photo : Gilles Cayuela - Le Journal des Entreprises

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