Isère

Industrie

ARaymond investit 55 millions d'euros pour une nouvelle usine en Allemagne

Par Marie Lyan, le 20 juin 2017

Le spécialiste des systèmes de fixations ARaymond a lancé depuis quatre ans un grand programme de rénovation de 500 millions d'euros pour ses usines à travers le monde. En Allemagne, le groupe vient d'en investir 55 millions. Interview d'Antoine Raymond.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Le Journal des Entreprises : Antoine Raymond, vous avez fait le choix d'investir massivement dans vos usines, alors que le secteur industriel suit plutôt la tendance inverse...

Antoine Raymond : « L'investissement est nécessaire pour se donner les meilleures chances de succès. En 4 ans et demi, nous avons investi plus de 500 millions d'euros dans nos différents sites. Nous avons aussi créé des usines ex-nihilo, comme au Mexique, en Russie, au Maroc, en Corée du Sud afin d'être présents à l'international, d'avoir un outil de production moderne et de pouvoir attirer les talents. Cela nous permet aussi d'assurer localement une présence auprès de nos clients, de mieux maîtriser la qualité et la compétitivité. »

Comment avez-vous financé ces projets ?

A.R. : « Nous avons investi en fonds propres et via de l'emprunt. Grâce à un niveau d'endettement très faible, les partenaires financiers nous ont suivi. Malgré ces investissements, notre niveau d'endettement (montant : NC) demeure raisonnable, nous sommes une entreprise rentable. Le retour sur investissement se fera dans la durée, sur 15 ans, mais on pourra déjà en voir les effets dans les deux prochaines années, le temps de bien prendre en main l'outil. »

Ces investissements étaient-ils devenus une nécessité compte-tenu de votre croissance ?

A.R. : « Nous avons investi pour répondre à notre croissance effectivement : fin 2009 nous étions à 463 M€ de chiffre d'affaires, contre 1,109 milliard d'euros en 2016. Du côté des équipes, nous sommes passés de 3.500 à 6.500 collaborateurs. Tout cela, avec 85 % de croissance organique, et deux acquisitions. Le marché qui a le plus cru demeure l'automobile, avec une production mondiale qui est passée de 62 millions à 94 millions de véhicules entre 2009 et 2016. »

Pourquoi avez-vous choisi de reconstruire une nouvelle usine à Weil-am-Rhein ?

A.R. : « Il s'agissait de notre deuxième site industriel le plus ancien, qui datait du 19e siècle. Cela est devenu nécessaire car ce site représente, avec la France, la plus grosse capacité de production métallique du groupe. Nous avons déménagé le site allemand de quelques kilomètres. C'est la plus grande usine de notre histoire, avec un atelier de production de 20.000 m² sur un total de 30.000 m² et une organisation des flux repensée. Cela va se traduire par une meilleure compétitivité et une plus grande qualité des produits. »

La facture s'élève à 55 millions. Comment avez-vous assuré un tel investissement

A.R. : « Le projet comprend 41 millions d'euros pour l'usine et 14 millions d'euros de nouveaux équipements. Nous avons financé cette somme en grande partie via notre entreprise allemande et également avec de l'emprunt bancaire et de la trésorerie. Nous sommes une entreprise familiale depuis 152 ans et nous avons la volonté de le rester. Tous les ans, nous continuons d'investir. Encore cette année, 10 % de notre chiffre d'affaires sont fléchés vers le renouvellement d'équipements. Nous avons encore des projets de construction en Espagne, en République Tchèque, en Italie... »

Quelle croissance visez-vous ?

A.R. : « Nous espérons atteindre cette année une croissance globale de 6 %. Le pic d'activité est toujours présent, mais moins fortement qu'en septembre dernier. Nous avons embauché des intérimaires, mais nous avons en grande partie géré avec les équipes existantes car il est difficile de recruter et former des salariés dans l'urgence. Nous avions déjà connu plusieurs pics dans notre histoire, mais celui-ci était relativement inattendu car le marché automobile n'était pas dans une période si porteuse que cela. »

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