Six trophées nationaux et régionaux, remportés en seulement deux ans : la trajectoire de Yoo Soft (ex-Unified Software, 12 salariés) ne passe pas inaperçue dans le monde de l’informatique professionnelle. La start-up montpelliéraine a en effet créé une technologie qui, en combinant no code et intelligence artificielle, peut générer des applications ou des logiciels métiers complexes (gestion, relation client, commandes, logistique…) sans écrire une ligne de code. Focalisée sur le commerce de détail depuis sa création en 2021, Yoo Soft achève un cycle de structuration interne pour aborder de nouveaux marchés en 2025.
Une grande souplesse d’exécution
La start-up, en recrutant des ingénieurs, renforce sa "software factory" (la plateforme générant les logiciels) et augmente en permanence le nombre de briques logicielles à sa disposition : autant de nouvelles fonctionnalités à proposer aux clients en fonction de leurs enjeux spécifiques. Cette souplesse permet aujourd’hui à Yoo Soft de cibler le secteur de la santé. "Des start-up de type healthtech proposent des applications santé qui ont parfois du mal à supporter la montée en charge : nous les aidons à les refaire en quelques semaines seulement", pointe Tassadit Quivy, directrice générale de Yoo Soft.
Du potentiel dans le monde hospitalier
De même, la pépite s’apprête à passer la certification HDS (hébergeur de données santé) afin de cibler les CHU et les hôpitaux. "Ces acteurs ont souvent la volonté de développer leurs logiciels en interne, mais ces outils ne couvrent pas tous leurs besoins. Avec notre software factory, nous pouvons rajouter des fonctionnalités, de la prise en charge des patients jusqu’à la gestion de stocks, que nous créons rapidement, ou qui existent déjà", rajoute Tassadit Quivy.
Une percée chez les grands comptes
C’est un autre atout dans la promesse commerciale de Yoo Soft : la rapidité d’exécution. Sa technologie génère les logiciels "25 fois plus vite qu’un développement traditionnel", affirme-t-elle. Cette capacité à faire a déjà séduit plus d’une douzaine de clients, dont plusieurs grands comptes répartis à ce jour dans 5 verticales : le retail, l’industrie, l’hospitalité et, depuis peu, la santé et le négoce. Parmi les plus belles références figurent Emova, propriétaire de Monceau Fleurs (350 boutiques), Ghanty (75), Créo (30), Au Vieux Campeur (100). Ou encore le groupe Sodexho…"Notre logiciel pilote l’ensemble de leurs cuisines centrales", glisse la startupeuse. Yoo Soft a aussi engagé des études pour se diversifier vers le secteur automobile et l’administration.
Des fonds pour poursuivre la structuration
L’ambition de la start-up est de tripler son portefeuille clients en 2025, où elle vise un chiffre d’affaires de plus d’un million d’euros. Pour atteindre son objectif, elle s’est lancée dans une levée de fonds, d’un montant espéré de 5 millions d’euros d’ici l’été, afin de muscler notamment son équipe de commerciaux. Dix créations de postes sont envisagées. De plus, Yoo Soft, qui a déjà signé un premier client en Suisse, veut accélérer son développement à l’export, en visant l’Europe (Bénélux, Espagne) mais aussi les Etats-Unis.