Yao! « Chez nous, ni CV ni dossier en X exemplaires ! »
Interview # Réseaux d'accompagnement

Mario Piromalli Mario Piromalli Yao! « Chez nous, ni CV ni dossier en X exemplaires ! »

Le réseau de parrainage de jeunes entrepreneurs bretons par des chefs d'entreprise poursuit son essor. Le point avec Mario Piromalli, à l'origine de ce défi réussi...

Le Journal des Entreprises : Quel bilan peut-on tirer de Yao! à ce jour ?

Mario Piromalli : Yao! marche bien et confirme son utilité. À ce jour, en Bretagne, nous avons 70 parrains et 61 filleuls de 18 à 30 ans, pour 46 binômes constitués. En Ille-et-Vilaine, nous avons 49 parrains, 53 filleuls pour 40 binômes ; dans les Côtes-d’Armor, dix parrains, quatre filleuls pour deux binômes ; dans le Finistère, neuf parrains, trois filleuls pour quatre binômes ; dans le Morbihan, deux parrains et pas encore de filleul ; et en Loire-Atlantique, un filleul pour l’instant. Je reçois beaucoup de demandes…

Y compris d’autres territoires ?

M.P. : Nous avons des demandes sur Paris, le sud et l’est de la France. Je ne veux pas y aller sans avoir d’abord finalisé la Bretagne. Yao! est un projet breton.

Comment vous perçoit-on ?

M.P. : Vous devez être très observé, notamment des politiques… Les politiques et les institutionnels viennent me voir en effet. Nous sommes regardés et j’espère que cela va donner des idées à d’autres…

Qu’est-ce qui vous différencie des autres dispositifs, d’aide à la création d’entreprise notamment ?

M.P. : Chez nous, on ne demande pas de remplir un CV ni de dossiers en X exemplaires. Il n’y a pas de barrière. Yao! est très informel, discret, utile. L’effet réseau est très important pour les jeunes.

N’êtes-vous pas un peu critique envers les autres ? N’est-ce pas l’échec de l’accompagnement « traditionnel » ?

M.P. : Toutes les institutions ont besoin de se réformer pour accueillir ces nouveaux entrepreneurs qui ne sont plus les mêmes qu’avant. Ils n’ont pas les mêmes besoins. Les institutionnels attendent les jeunes ; nous, nous allons au-devant d’eux. Nous communiquons avec des outils modernes. Nous avons monté le 11 mars notre premier Yao! Dating. Nous organisons le Café des filleuls, mais aussi des Croas, lieux de croisements et d’échanges où des dirigeants d’entreprises, spécialistes et experts, se mettent gratuitement à disposition des jeunes.

Comment se fait la sélection ?

M.P. : Sur les valeurs de Yao!, basées notamment sur le partage, le décloisonnement… Entre jeunes et dirigeants d’entreprise, on se parle d’égal à égal. Je n’impose rien. Les chefs d’entreprise donnent le temps qu’il faut. Je ne veux pas avoir des parrains parce qu’ils ont payé mais parce qu’ils partagent les valeurs de Yao! C’est encore l’un des rares endroits où ils apprennent des choses nouvelles de la part des jeunes.

Quel est votre budget ?

M.P. : Nous avons 85.000 euros en caisse dont 50.000 euros que j’ai personnellement apportés. Je ne refuse pas les dons mais je finance tout. Vous parliez à l’origine d’octroyer des bourses aux jeunes… J’ai mis cette idée de côté pour le moment. Les jeunes n’ont pas besoin d’argent ; ils ont besoin de conseils. Yao! ne marche que parce que c’est gratuit pour tous et pour tout.

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