Après dix années de fidélité à La Baule, la WIC (World Investment Conférence) a décidé de mettre le cap à l'Est pour s'établir à Strasbourg en 2013. Durant une décennie, l'événement a rassemblé les grandes figures du patronat mondial, les économistes les plus renommés et quelques-uns des ministres européens les plus en vue sur les thématiques de mondialisation, d'innovation,etc. Au fil des années, l'événement baulois était même présenté, pompeusement, comme un petit Davos. Après dix années à La Baule, la société organisatrice de la WIC, a donc décidé de rallier l'Alsace. Selon les termes d'un communiqué, ses organisateurs souhaitaient «changer de lieu et poursuivre leur développement en s'associant à une ville-région européenne dont les ambitions à l'international sont alignées avec le positionnement de la conférence».
Pas assez d'impact pour le territoire
Les agglomérations de Lille, Bordeaux, Strasbourg et, à un degré moindre, Nantes, se sont positionnées pour récupérer la manifestation, la capitale alsacienne remportant finalement la compétition. Du côté du conseil régional des Pays de la Loire qui apportait 100.000 € au budget de l'événement, on ne se formalise pas outre mesure de ce départ. «La WIC était devenue un rendez-vous de décideurs où les dirigeants français, déjà tournés vers l'international, rencontraient d'autres grands dirigeants internationaux. Mais la manifestation n'avait pas suffisament d'impact concret pour notre territoire. Qu'il s'agisse d'attirer des entreprises étrangères dans la région ou de créer des contacts à l'international pour les dirigeants locaux», explique Christophe Clergeau, vice-président de la Région. Plusieurs arguments auraient fait pencher la balance en faveur de Strasbourg. Outre une localisation au coeur de l'Europe, les acteurs économiques alsaciens ont affiché une reélle mobilisation, et des arguments sonnants et trébuchants pour "drafter" la WIC Europe. «Nous regrettons évidemment ce départ puisque la WIC était un événement phare pour nous. Mais ses organisateurs ont souhaité refonder l'événement et souhaitaient davantage d'implications des collectivités. C'est pour cela qu'un appel à intérêt a été lancé et c'est Strasbourg qui a été retenue», note Jean-Luc Firmin, délégué général d'Ouest Atlantique, l'agence de promotion des investissements dans l'Ouest qui était à l'origine de la WIC, avant de la céder à la fondation Europe Plus.
Pas de surenchère
Suite à ce départ de La Baule, Ouest Atlantique devrait d'ailleurs se désengager de la société organisatrice de la WIC dont elle détenait environ 10% des parts. Pour conserver la WIC à La Baule, la Région, et les autres collectivités locales, n'ont pas souhaité augmenter leur participation. «100.000 € de subventions de la Région, c'est déjà significatif. Nous ne souhaitions pas faire de surenchère. Plutôt que de faire de l'événementiel très cher, l'idée est de trouver dans les prochaines années un concept plus impliqué dans le territoire et surtout qui le valorise», note Christophe Clergeau. Partenaire de l'événement baulois, le groupe Barrière voit aussi partir un événement à fort rayonnement. «Nous sommes déçus que la WIC parte de La Baule car c'était un événement international et que nous avons aussi participé à son développement. Maintenant, je peux comprendre que ses organisateurs optent pour une ville plus importante», explique Marc Zuccolin, directeur général des opérations hôtelières du groupe Barrière. Sollicités à plusieurs reprises, les organisateurs de la WIC n'ont pas souhaité répondre à nos questions. La page semble déjà tournée.
événement Après dix ans à La Baule, la WIC (World Investment Conférence) quitte l'Atlantique pour Strasbourg. En cause notamment, le soutien financier des collectivités.