Démarrer sa carrière de chef d'entreprise au fond d'un garage peut être le gage d'une réussite phénoménale, à l'image de celle de Bill Gates créant ses premiers logiciels au fond de celui de ses parents avant de lancer Microsoft. C'est tout le mal que l'on peut souhaiter à Thomas Gassiloud, qui, à l'instar de son illustre prédécesseur, s'est lui aussi lancé dans la création d'entreprise dans le domaine de la construction de réseaux sans fil, avec son garage pour premier bureau. « C'était pour faire des économies car les démarrages d'entreprises sont toujours difficiles », se rappelle jeune dirigeant de 35 ans. Après des études en économie dans le domaine de la Finance internationale en master 2 à Lyon, Thomas Gassiloud ne se voit pas intégrer une grande place financière, ni travailler en ville. Avec une famille auvergnate, ce terrien de coeur choisit la voie de la création d'entreprise. « Lorsque j'étais étudiant, il n'y avait pas de haut débit dans ma commune. J'avais monté une association pour faire venir le haut débit. C'est là que j'ai pris conscience des besoins en campagne ». En 2006, fraîchement diplômé, le jeune homme se lance alors dans l'activité de construction de réseaux sans fils en zone rurale dans les Monts du Lyonnais. « Trois mois plus tard j'embauchais mon premier salarié avec une période tendue pendant les deux premières années », concède-t-il. En 2008, sa société Luxinet qui compte déjà une dizaine de salariés se retrouve sur le même créneau d'activité qu'Altitude Infrastructure, société basée dans l'Eure à Val de Reuil et spécialiste du déploiement de réseaux. « On s'est contacté et on s'est aperçu que l'on pouvait être complémentaire. D'un côté, Altitude infrastructure et leur force industrielle, de l'autre mon côté dynamique et plus artisanal ». La fusion s'opère en 2010 et voit la naissance d'une nouvelle société, Wibox, fournisseur d'accès Internet (FAI). Altitude infrastructure et Luxinet apportant chacun leurs abonnés et Thomas Gassiloud devenant actionnaire minoritaire mais président de l'ensemble.
Du Wimax à la Fibre optique
Leader du Wimax (technologie permettant la transmission de données IP haut débit par voie hertzienne) en France, en 2010, avec la moitié du parc d'abonnés, Wibox se retrouve confronté à un nouveau défi deux ans plus tard face à la montée en puissance de la fibre optique. D'abord perçu comme un métier complémentaire à celui d'opérateur hertzien, la fibre devient vite une priorité pour Wibox. En 2014, la société acquiert Citiplay, opérateur 100 % fibre basé à Amiens. « On s'est dit que si l'on voulait être fort sur la fibre, il était compliqué de continuer à faire de la radio en parallèle », explique Thomas Gassiloud. C'est pourquoi en octobre dernier, Wibox a cédé son parc d'abonnés radio à l'opérateur Ozone. L'opération s'inscrit dans une logique de renforcement du marché, Wibox se consacrant désormais pleinement à son expertise d'opérateur alternatif sur les services à Très haut débit (FTTx) dans le cadre de réseaux d'initiative publique Très haut débit (THD). L'entreprise est devenue le premier FAI alternatif dédié au THD en nombre d'abonnés au niveau national. Chacun de ses abonnés aura un débit minimal de 100 Mbits et pouvant aller jusqu'au Gbit. « Pour Wibox, c'est une mutation qui nous fait réaliser un bond technologique en termes de matériels, de systèmes d'information de procédures en interne et d'offres », assure le président de Wibox. 300 communes sont aujourd'hui couvertes par Wibox, soit potentiellement 300.000 foyers, dans de grandes agglomérations comme Amiens, des villes comme Dunkerque et sur des territoires tels que la Moselle ou encore l'Ain. Dès la fin 2015, Wibox sera présent dans l'Eure et le Doux. « Nous avons devant nous un très fort potentiel ».
Sébastien Colle
Wibox
(Val de Reuil)
Dirigeant : Thomas Gassiloud Effectif : 33 C.A (2014) : 10 M€ www.wibox.fr