Vos managers en première ligne

Vos managers en première ligne

Avec la montée en puissance des «Y» dans les entreprises, le rôle des managers change radicalement. Et il est nécessaire de les former à cette nouvelle donne.

Pour les spécialistes, le problème d'intégration en entreprise des jeunes de la génération Y est dû à un choc de culture. Mais celui-ci ne se fait pas, comme on pourrait le croire, entre jeunes salariés et patrons, comme le confirme une étude du CESI, école d'ingénieur et organisme de formation. Selon cette enquête, 57% des salariés de plus de 30 ans stigmatisent la difficulté d'adhésion des Y à la culture et aux objectifs de leur entreprise, contre 46% des patrons. «Cela prouve que le vrai problème de l'intégration se situe surtout dans les relations entre les jeunes entrants dans l'entreprise et leurs managers directs», insiste Stéphane Pautet, directeur marketing du CESI. À la base de cette incompréhension, on retrouve une intensification des situations stressantes liées à un questionnement grandissant de l'autorité des managers. «Il est plus dur d'être manager aujourd'hui qu'il y a 20ans. Avec la montée en puissance des effectifs issus de la génération Y, les managers sont davantage interpellés, exposés, questionnés sur le pourquoi de leur décision. Leurs compétences, qui leur permettent d'obtenir l'adhésion des Y, sont scrutées sans cesse. Il faut que leurs dirigeants aident les managers à gérer cette nouvelle donne, qui n'est d'ailleurs pas une agression, mais qui est plutôt liée au besoin d'explication et de transparence dont fait preuve la génération Y. Pour cela, un effort de formation est nécessaire», juge Denis Lenormand, consultant RH chez Edifia. Pour Marie Desplats, consultante toulousaine chez Diagora et co-auteur de l'ouvrage «Manager la génération Y», les managers doivent se tourner vers des formes de management «agile», tournées vers la communication dite «non violente» (empathie, souci de l'interlocuteur, etc.) et la consultation des équipes. «Le manager n'est plus seulement un donneur d'ordres. Il doit être un facilitateur qui doit faire sentir aux Y que leurs idées sont prises en compte», insiste-t'elle.




Risques psychosociaux

Si cet effort de formation n'est pas fait, les risques sont réels. Et ils ne se résument pas au simple fait de rater l'intégration de nouveaux salariés. «Ne pas réfléchir à la façon d'organiser les relations entre X, Baby boomers et Y constitue un vrai danger qui peut déboucher sur des risques psychosociaux dans l'entreprise. Perte de confiance en soi, mal-être dans l'entreprise... : toutes les générations peuvent être perturbées par les conséquences des problèmes de management intergénérationnel».