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ranck Grimaud, Vivalis annonce la première autorisation de mise sur le marché d'un vaccin produit à partir de sa lignée cellulaire EB66 par le Japonais Kaketsuken. Cela marque une étape charnière dans le développement de Vivalis?
C'est une étape importante puisque c'est la première fois qu'un de nos clients obtient une autorisation de commercialiser un vaccin à partir de la lignée EB 66, sur laquelle nous travaillons depuis 2003. Nous pensons que c'est le début de la constitution d'un portefeuille de vaccins pour nos clients. Dans les trois ans, on s'attend au minimum à l'enregistrement de quatre autres vaccins vétérinaires.
Quelles sont pour Vivalis les retombées économiques et les royalties induites par cette première mise sur le marché au Japon?
Dans le domaine vétérinaire, nous touchons des royalties comprises entre 1,5% et 5,5% des ventes. Le marché japonais de ce nouveau vaccin contre le syndrome de chute de ponte est estimé entre 30 à 40millions d'euros.
Après un premier vaccin dans le domaine vétérinaire, un premier succès est attendu dans le domaine humain? À partir de la lignée cellulaire EB66, nous tablons sur un premier vaccin humain en 2014 dans le domaine de la grippe pandémique.Un second pourrait voir le jour en 2018 dans le domaine de la lutte contre le cancer.
Après la lignée EB66, quels sont les axes de développement pour Vivalis?
En 2010, nous avons acquis le Lyonnais Humalys spécialisé dans la découverte d'anticorps humains, puis en 2011 une technologie japonaise très différenciante dans ce même domaine. Cette plate-forme de découverte, notre deuxième métier, est très prometteuse. Nous avons d'ailleurs signé en 2010 un accord avec Sanofi-Pasteur qui pèse un potentiel de plus de 140millions d'euros en paiements d'étapes. Notre troisième activité, c'est la découverte d'anticorps en propre.
Quelle est la santé économique de l'entreprise et quand visez-vous l'équilibre?
Dans notre métier, il faut investir beaucoup avant d'être rentable. Pour les deux business units, la lignée EB66 et notre plate-forme de découverte d'anticorps, nous visons un équilibre récurrent en 2014-2015. Nous devrions terminer l'année avec une trésorerie d'environ 14millions d'euros.
Arrivées à un certain niveau de maturité, de nombreuses biotechs sont rachetées par des groupes...
C'est vrai. Mais aujourd'hui le groupe Grimaud détient 50% de Vivalis et le projet est de construire une société indépendante, capable d'avoir ses propres revenus sans levées de fonds régulières.
Vous êtes partie prenante d'Atlanpole Biothérapies, mais aussi du nouveau centre de formation Biopractis. Quel regard portez-vous sur le développement de la métropole nantaise dans le domaine des biotechnologies?
À Nantes, le secteur des sciences de la vie représente 2.000 emplois, si l'on compte les entreprises, start-up, laboratoires académiques et privés, etc. Mais je constate que depuis trois ou quatre ans, on reste à ce niveau, notamment parce que le nombre de spin-off de laboratoires de recherche et le nombre de chercheurs publics tend à stagner. Or, si l'on veut vraiment peser dans notre domaine, il faudrait atteindre une taille critique d'au moins 10.000 personnes. À Lyon, c'est 16.000 salariés! On peut certes franchir un seuil en attirant une big-pharma, mais aussi en permettant aux entreprises locales de grandir. Pour cela il faut que les politiques dans le grand Ouest décident de dire : "le pôle biotech, c'est Nantes". C'est une nécessité pour l'attractivité de nos entreprises. Chez Vivalis, nous avons par exemple du mal à recruter les très bons profils car leur conjoint, qui évolue souvent dans la même activité, ne sont pas sûrs de trouver un emploi sur la métropole. Ce n'est pas le cas à Lyon. Cette attractivité passe aussi par un lycée international pour Nantes. Or, je crains que le projet en cours tient davantage de l'anglais renforcé. Dans la métallurgie et les matériaux composites, la Loire-Atlantique a atteint une taille critique grâce à de vrais atouts différenciants. Si Nantes veut devenir un pôle majeur dans les sciences du vivant, il faut aussi mettre en place les bonnes conditions, malgré une conjoncture difficile.
Vivalis
(Saint-Herblain) Président : Franck Grimaud 120 salariés Produit d'exploitation:13M€ 02 28 07 37 10