Ancien P-dg de Boursorama, aujourd'hui directeur général du groupe Crédit du Nord (auquel appartient notamment la Banque Courtois), devenu filiale à 100% de la Société Générale fin 2009, Vincent Taupin revient sur les enjeux de l'acquisition de la Société Marseillaise de Crédit (SMC). Avec ses 200.000clients, 1.400collaborateurs et 144agences, la SMC ouvre de nouvelles perspectives à la banque étoilée dans le Sud-Est.
Au Crédit du Nord, quel est l'impact de la conjoncture? 2009a été une année compliquée. Quand nos clients vont moins bien, nous en subissons les conséquences. Nous avons senti que nous étions une banque de PME et il faut en être fiers. Le coût du risque a augmenté. Notre montant de provisions, de 70M€ en moyenne par an, est monté à 210M€ en 2009. En 2010, le Crédit du Nord est en train de vivre une année charnière. Le premier signal fort a été la prise de contrôle à 100% par la Société Générale avec le rachat à Dexia des derniers 20%. Ensuite, nous nous sommes lancés dans le partage de notre informatique avec la Société Générale. La convergence est un gros projet à l'horizon 2013. Le troisième signal fort est le rachat de la Société Marseillaise de Crédit. La Société Générale nous a autorisés à dépenser 872M€ pour réaliser la dernière opération conséquente en France pour une banque de détail. On ne pouvait pas donner meilleur signal!
Le Crédit du Nord dans le sud, l'image est forte... Nous étions déjà présents dans le Sud-Est à travers notre marque Crédit du Nord, mais pas en tant que banque régionale. C'était la pièce manquante du puzzle en France. Nous allons maintenant faire de la SMC une banque du Crédit du Nord, avec une gamme de produits et de services harmonisés. Le logo sera l'étoile bleue. Nous sommes deux banques qui partageons les mêmes valeurs, avec un modèle structurant de relation client. Nous nous focalisons sur une clientèle de bonne gamme patrimoniale. Nos deux banques ont compris qu'elles ont tout à faire ensemble. Elles ont capitalisé sur la qualité perçue par rapport au client.
Quelle est votre ambition pour la SMC? N'y a-t-il pas une tentation de rationalisation? Notre objectif est que la SMC fonctionne comme toutes les banques du Crédit du Nord. Des services seront partagés comme le marketing ou l'informatique. Nous allons nous appuyer sur une pyramide des âges favorable à la SMC, sans départ contraint.
Que retirez-vous de votre expérience à Boursorama pour le Crédit du Nord? Dans les deux cas de figure, nous nous intéressons à des clients qui impliqués dans leur relation bancaire et qui s'investissent. En ligne ou en agence, dans tous les cas, la qualité de service est absolument nécessaire.
Propos recueillispar GéryBertrande