Jean-François Rezeau, le président de la CCI Occitanie, tire la sonnette d’alarme à propos des répercussions des tensions géopolitiques au Moyen-Orient sur l’économie régionale. « Quand 84 % des entreprises anticipent un impact sur leur activité, ce n’est plus une inquiétude, c’est une urgence économique », lance-t-il. Ce chiffre émane de la dernière enquête de conjoncture conduite par la chambre consulaire régionale, via OBSéco, son observatoire économique régional.
Menée en mars 2026 auprès de 2 159 chefs d’entreprise des secteurs de l’industrie, de la construction, du commerce, des services et des hôtels cafés-restaurants d’Occitanie, l’étude met en évidence un net ralentissement de l’activité économique dans la région au premier trimestre 2026, dans un contexte national déjà fragile, et désormais renforcé par les conséquences du conflit au Moyen-Orient.
Une tempête à plusieurs fronts
« Les entreprises d’Occitanie font face à une tempête à plusieurs fronts : hausse des coûts, raréfaction des carnets de commandes, manque de visibilité, poursuit Jean-François Rezeau. Dans une région qui a su démontrer sa résilience, nous ne pouvons pas laisser l’incertitude gagner du terrain. Notre responsabilité collective est de rester au plus près des chefs d’entreprise, de les accompagner et de défendre leurs intérêts auprès des décideurs publics. »
Au premier trimestre 2026, les entreprises d’Occitanie font état d’une dégradation globale de leur situation économique. Le chiffre d’affaires recule dans la majorité des secteurs, la trésorerie se fragilise et les marges atteignent leur niveau le plus bas depuis deux ans. Si l’emploi résiste encore globalement, les recrutements ralentissent et les chefs d’entreprise se montrent plus prudents. La confiance dans l’avenir se détériore nettement, les dirigeants étant désormais plus nombreux à exprimer un sentiment de pessimisme que d’optimisme face aux mois à venir.
Tous les secteurs se trouvent concernés : l’industrie évolue au ralenti, avec des carnets de commandes fragiles et une pression accrue sur les marges ; la construction est particulièrement touchée par le recul de la demande et le report de projets, dans un contexte de visibilité réduite ; le commerce subit une baisse de fréquentation et une consommation plus prudente ; les hôtels, cafés et restaurants restent fragilisés par un niveau d’activité insuffisant ; quant aux services, ils enregistrent également un net coup de frein, lié à une demande moins dynamique.
Des investissements différés
Concernant le conflit au Moyen-Orient, plus d’une entreprise sur deux (55,4 %) constate déjà des effets concrets, dont 46,2 % dans l’industrie et 56,8 % dans la construction. La hausse des coûts de l’énergie constitue la principale préoccupation (citée par près de 9 entreprises sur 10), suivie de l’augmentation des coûts des intrants et des tensions sur les approvisionnements. Lorsqu’un investissement était prévu, 18,5 % des entreprises envisagent d’en maintenir une partie et d’en différer une autre, 17,6 % de différer l’ensemble des investissements, et 13,3 % seulement de les maintenir.
Les entreprises d’Occitanie redoutent également un impact négatif sur la demande et les carnets de commandes, près de 80 % anticipant une dégradation. Cela montre que le conflit ne se limite pas aux coûts de production mais qu’il pourrait aussi peser directement sur le niveau d’activité. Dans ce contexte, près de 40 % des répondants envisagent de revoir à la baisse leurs prévisions d’activité.