ViaSilva. Avec un nom pareil, on pourrait se croire revenu au temps des Romains et de la conquête de la Gaule... Pas du tout ! En réalité, c'est bien vers le futur que se projette celle qui est en fait une Écocité, qui doit être achevée aux alentours des années 2040. Depuis 2006, les élus de trois communes de l'agglomération rennaise ont en effet engagé une réflexion sur le secteur du quadrant nord-est de leur territoire. Rennes, Cesson-Sévigné et Thorigné-Fouillard partagent ainsi 650 ha répartis sur leurs communes respectives, et essentiellement à l'intérieur de la rocade. Le site, peu urbanisé, a été labellisé par le ministère de l'environnement en novembre 2009 : ViaSilva est d'une des 15 Écocités reconnues en France. C'est-à-dire un « grand projet d'innovation architecturale, sociale et énergétique ».
Architecte urbaniste : Christian Devillers
Après avoir choisi son urbaniste en 2010 (Christian Devillers), ViaSilva vient de se doter d'une Société publique locale d'aménagement. La SPLA, qui s'est installée au coeur de la future Écocité (rue du Chêne-Germain à Cesson-Sévigné) a pour mission de réaliser toutes les opérations qui contribuent à la création du projet. Elle est composée de collectivités territoriales, dont 14 administrateurs issus de Rennes, Rennes Métropole, Cesson et Thorigné. Présidée par Michel Bihan, maire de Cesson Sévigné, la SPLA emploie pour le moment 5 salariés (dirigés par Christian Le Petit).
25.000 emplois de plus
L'objectif de l'Écocité est de créer un espace de vie composé de différentes ZAC, avec des quartiers mixtes d'habitat ou d'activités. « Nous pouvons presque inventer le mot de "proximixité", pour parler de ville des proximités et des mixités », résume Jean-Jacques Bernard, maire de Thorigné-Fouillard. À terme, ViaSilva devrait accueillir 40.000 nouveaux habitants et 25.000 emplois. « C'est le plus gros projet de réaménagement urbain de Bretagne, se réjouissent les trois élus. C'est une chance pour toute la région car il fera vivre les entreprises pendant toute la durée des travaux ».
Début des travaux en 2015
Et des travaux, il va y en avoir. Pendant trente ans ! Ils commenceront par la ZAC la plus au sud, Les Pierrins, vers 2015. Pour le secteur Blanchets-Portail à Thorigné-Fouillard, les travaux ne devraient débuter que dans une quinzaine d'années. 650 ha à aménager, ce n'est pas rien. À titre de comparaison, La Courrouze s'étale sur environ 100 ha "seulement". L'occupation du site de ViaSilva sera à terme de l'ordre de 70 %. Le tout en lien avec des grands principes directeurs, dont en premier lieu la mobilité. Pour satisfaire à cet axe fondamental d'une Écocité, la ligne b du métro y aura toute sa place, tout comme les pistes cyclables et l'autopartage.
Réfléchir à la mobilité avec les entreprises
« Nous voulons faire de ce territoire une ville dans la nature où tout se trouve à dix minutes ou un quart d'heure de tout », souligne Michel Bihan, pour qui il faudra impérativement travailler avec les entreprises pour réfléchir aussi autour des déplacements interentreprises et des horaires de travail. Les entreprises sont en effet déjà au coeur de ViaSilva, et leurs zones seront réaménagées, tant sur la technopole de Rennes Atalante Beaulieu que sur les Champs Blancs ou le Patis Tatelin. De nouvelles routes vont être créées, ainsi qu'une gare multimodale, des parkings... Entre entreprises, habitations mais aussi commerces de proximité, l'environnement (forêt, zones humides, base de loisirs, ruisseaux, pairies....) sera lui aussi particulièrement étudié et aménagé. Histoire de respecter le Grenelle de l'environnement et le cahier des charges imposé par la labellisation. « Tout cela nous oblige à chercher l'innovation », se réjouit Michel Bihan.
Urbanisme Le projet de l'agglomération rennaise ViaSilva n'est plus utopique. Une SPLA vient d'être créée pour développer l'une des 15 Écocités françaises. Décryptage.