Née aux États-Unis voici un siècle, la vente directe rassemble 260.000 vendeurs en France pour un CA de 2 mds€. La fédération Paca est la seconde de France en terme d'adhérents et la 5e en terme de CA. La Fédération nationale a tenu son congrès annuel à Marseille. L'occasion faire le point sur cette filière avec le président de la déclinaison Paca, également président de la fédération européenne, Philippe Jacquelinet, P-dg de Captain Tortue...
Comment se porte la vente directe en France?
Nous sommes sur des métiers à fort potentiel. L'an dernier, en plein coeur de la crise, le secteur a enregistré une croissance de 8%. La vente directe est par ailleurs fortement créatrice d'emplois et la fédération s'est engagée auprès du gouvernement à créer 100.000 postes dans les trois années à venir. Ce sont certes des emplois non salariés, payés à la commission, mais l'indépendance a aujourd'hui fait son chemin en France...
La vente directe est encore souvent assimilée à de l'emploi précaire...
Je n'aime pas ce terme. Je préfère la précarité que propose la vente directe à la non-précarité du Pôle Emploi. Nous ne sommes certes pas sur des concepts d'emplois franco-français, mais il n'y a pas de précarité dans ces métiers. Chez nous, personne ne risque d'être licencié. Il faut que chacun ait la capacité à prendre son job en main. Tout le monde ne peut pas réussir dans ce concept. Il y a bien sûr des incertitudes, mais à la différence de beaucoup de métiers industriels ou de services, les emplois de la vente directe ne sont pas délocalisables et il n'y a nul besoin de diplôme pour y réussir. De plus, en France, la profession est encadrée par le statut de VDI (vendeur à domicile indépendant) qui permet d'associer le statut d'indépendant à une protection sociale. Les entreprises prennent en charge toutes les démarches, et les cotisations sont versées par l'entreprise, comme pour un salarié classique. La réussite des sociétés passe par la réussite des vendeurs. C'est une situation de gagnant/gagnant. À Captain Tortue, 40% du chiffre d'affaires part dans les commissions versées aux vendeuses.
Quels sont les facteurs du succès de la vente directe?
Nous sommes le seul circuit de distribution où l'humain est au coeur de la relation commerciale. Dans les chaînes et les franchises, il y a de moins en moins de vendeurs. Par le biais de la vente directe, vous pouvez profiter pendant près de trois heures d'un vendeur qui vous conseille. C'est plutôt confortable d'avoir quelqu'un qui se déplace à domicile. C'est un concept très moderne, totalement à contre-courant des ventes sur internet, par exemple.
Les vendeurs n'épuisent-ils pas rapidement leur réseau?
Non, même sur un secteur géographique réduit, les réseaux sont multiples. Quand j'ai créé Captain Tortue je pensais atteindre un plafond à 500 vendeuses. J'ai en ai aujourd'hui 1.800 et je vise les 3.000...