L e repreneur de la Seg-Samro s'installe sur le long terme. Une bonne nouvelle pour un territoire fontenaisien échaudé par le drame de Plysorol. « Le projet de reprise prévoit quatre millions d'euros d'investissement sur Fontenay pour moderniser l'outil industriel d'ici trois à cinq ans », annonce Éric Trouillet, P-dg du groupe éponyme, spécialiste de la fabrication de fourgons basé en région parisienne. L'enveloppe concernera l'acquisition d'une machine de découpe laser, la création d'une ligne de traitement de surface et d'un centre d'usinage aluminium.
Compenser le sous-investissement
Le nouveau dirigeant rejoint clairement le constat fait par les syndicats qui dénonçaient un manque d'investissement « considérable ». « Nous sommes sur un secteur très touché par la crise, car il dépend directement de la consommation. Mais le manque d'investissements, et donc la baisse de notre compétitivité, explique en grande partie nos difficultés », analysait le syndicaliste CGT Jean-Marie Pouvreau peu avant la reprise. « La Samro ne dispose pas, par exemple, de machine de découpe laser, équipement pourtant indispensable. À titre de comparaison, Trouillet en est équipé depuis 1998. Bien que plus petit, nous sommes aujourd'hui plus industrialisés », s'étonne le repreneur. La situation s'explique en partie par la stratégie qui a fait à la fois le succès et la décadence du Vendéen. Jusqu'en 2007, la société était massivement tournée vers l'international, notamment la Russie, d'où elle tirait 60 % de ses revenus. Dans le même temps, Seg-Samro a privilégié un approvisionnement dans des pays low-cost. En cinq ans, ses revenus ont explosé (de 70 à 175 millions d'euros). Avant la crise...
Dix millions d'euros à lever
Après ce traumatisme, le repreneur Éric Trouillet souhaite repartir sur un projet fédérateur, pour remobiliser les équipes : « Comme la création d'une nouvelle usine de 15.000 à 20.000 m² de bâti, dans laquelle viendraient s'intégrer les nouvelles machines, et s'y regrouper les sites de la Samro éparpillés aux abords de Fontenay ». Un projet urgent, avec un calendrier de livraison au plus tard en 2014. Coût estimé de l'opération : huit à dix millions d'euros. Pour faire avancer le dossier et obtenir une aide financière, Trouillet a sollicité le conseil régional et prévoit de contacter d'autres acteurs comme la BPI. « Si nous ne parvenons pas à financer le projet, nous intégrerons les machines sur le site actuel, mais nous serons obligés d'arrêter l'usine un mois », ajoute le dirigeant. Rebaptisée Trouillet 85, le Vendéen conserve 162 de ses 292 salariés. Soit 144 sur 190 à Fontenay-le-Comte et 17 sur 26 à Nort-sur-Erdre. Le site de Balbigny (Loire) et ses 77 salariés sont exclus de la reprise, Trouillet possédant déjà une unité de production similaire pour les fourgons. Il se positionne en revanche sur les filiales de la Seg (66 salariés), presque toutes en redressement.
Marché de renouvellement
Éric Trouillet s'explique : « Reprendre le groupe entier n'était pas possible. Il n'y avait pas d'équilibre pour un acteur pesant 70 millions d'euros de chiffre d'affaires ». Prudent, l'industriel table sur un marché de renouvellement uniquement, sans croissance globale à l'avenir.
Une place de leader en jeu
Ce qui ne l'empêche pas d'être ambitieux en termes de gain de parts de marchés en France. « Nous sommes spécialistes et leader du fourgon et Samro, prfessionnel des véhicules bâchés et des châssis de semi-remorques spéciaux. Réunis, on aura une offre complète et alternative à Fruehauf, premier constructeur en France en termes de volume, mais exclusivement positionné sur le bâché », explique Éric Trouillet. Basé à Morangis (91), le groupe (190 salariés, 30 M€ de CA) dispose d'une carrosserie industrielle à Neuville-aux-Bois (Loiret) et d'un service de location et SAV à travers cinq agences, mais n'était pas présent dans l'Ouest. En 2012, le carrossier a réalisé 20 % de croissance à périmètre constant. Il a également racheté SAIRP (30 salariés, 6 M€ de CA), un fabricant de panneaux composites à Orléans. Avec cette reprise, le groupe Trouillet pèse 400 salariés et 80 millions d'euros de chiffre d'affaires.
Repreneur du fabricant de semi-remorques Seg- Samro, le groupe Trouillet va investir quatre millions d'euros pour moderniser l'outil industriel. Le carrossier envisage aussi la réalisation d'un nouveau site à Fontenay, pour remplacer l'usine actuelle.