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Velours de Lyon va-t-il retrouver un repreneur grâce à LinkedIn ?
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Velours de Lyon va-t-il retrouver un repreneur grâce à LinkedIn ?

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Velours de Lyon est une entreprise textile qui a bénéficié d’un énorme coup de projecteur issu d’un simple post LinkedIn. L’appel au rachat de cette PME du Rhône a été entendu par une vingtaine de repreneurs potentiels. La décision du Tribunal de Commerce de Lyon est attendue pour le 15 juillet.

Implanté en régions lyonnaise et roannaise, Velours de Lyon (48 salariés, 3,60 M€ de CA en 2024) se bat pour sa survie — Photo : DR

LinkedIn peut-il permettre d’attirer de potentiels repreneurs ? La question mérite d’être posée quand on se penche sur ce qu’il est arrivé à la PME familiale Velours de Lyon (3,60 M€ de CA en 2024, 48 salariés), basée à Décines (Rhône) et dirigée par Jean-François Renaud et ses deux frères. Mis une première fois en redressement judiciaire auprès du Tribunal de Commerce de Lyon ce printemps, le fabricant de velours, soie et jacquard ne reçoit hélas aucune proposition sérieuse à la date de clôture de réception des offres du 15 mai 2025.

Une initiative providentielle sur LinkedIn

Mais le 27 juin, un simple appel au secours — bénévole — sur LinkedIn d’Audrey Lecomte, fondatrice de la plateforme digitale Bonaloy et militante du made in France, déclenche 160 000 vues… et l’intérêt d’une cinquantaine d’investisseurs potentiels. "Nous avons fait exploser la data room du tribunal de commerce de Lyon submergé par les connexions", s’amuse Jean-François Renaud. Depuis les choses se sont décantées : une vingtaine de dossiers de reprise ont été déposés à ce jour, avec une clôture des candidatures au 15 juillet prochain.

Parmi ces marques de luxe dont l’identité n’est pas dévoilée, figurent sans doute des clients de l’entreprise. Velours de Lyon produit des tissus pour des marques de prêt-à-porter de luxe comme Armani, Gucci et Yves Saint Laurent. "80 % de nos clients appartiennent aux groupes LVMH et Kering", résume le dirigeant.

En 2023, Gucci manque à l’appel

Et c’est d’ailleurs une perte de commandes de Gucci, dont les commandes représentaient un chiffre d’affaires de 1,5 million de chiffre d’affaires en 2022, qui va la mettre dans le rouge. Suite à un changement de gouvernance, la marque de luxe cesse de travailler avec Velours de Lyon.

Ce gros incident de parcours va dégrader la situation de la PME, déjà bien secouée par la période post-covid. Entre 2019 et 2021, son chiffre d’affaires avait chuté de 3,4 millions d’euros à 2,2 millions d’euros. "Pendant le Covid, tout le luxe s’est arrêté parce qu’on ne pouvait plus essayer les vêtements et que les événements sociaux disparaissent", analyse-t-il. Et ses clients qui fabriquent pour la plupart en Italie autour de Bergame, premier foyer du Sars2 en Italie, stoppent toute production. Et facteur aggravant, depuis un an environ, le secteur du luxe commence à souffrir, entraînant à sa suite ses fournisseurs.

Plombée par des dettes non productives

Résultat, Velours de Lyon continue de traîner une dette "non productive" de 1,8 million d’euros incluant remboursement de son prêt garanti par l’État (d’un montant d’un million d’euros) et des arriérés de cotisations Urssaf (800 000 euros), sans oublier un investissement productif, lui, de 1 million d’euros, décidé en 2019 mais "opérationnel que 2 ans plus tard en raison de retard pris dans l’installation des nouveaux métiers à tisser". Pendant ce temps, les traites courent.

"Notre chiffre d’affaires devrait dépasser le cap des 4 millions d’euros cette année, mais il reste inférieur à notre dette globale", résume sobrement le dirigeant toutefois requinqué par les sollicitations des repreneurs potentiels qui, depuis le fameux post LinkedIn, viennent visiter ses usines de Décines (Rhône) et de Saint-Just Chevalet (Loire).

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