Coup de chaud sur Bréhat le 3 août dernier. Pour la première fois depuis leur création, les Vedettes de Bréhat, dirigées par la famille Corlouër, sont restées volontairement à quai. « Notre objectif était de dénoncer une concurrence illégale d'un service de taxi privé », précise la présidente de la société Anne-Lise Corlouër.
Une réglementation précise
Le Vedettes de Bréhat contestent les pratiques de transport de passagers du continent vers l'île de Bréhat par la SAS Sur Mer, fondée en 2013 par David André. « La réglementation maritime est très claire si l'on se réfère au décret n° 84-810 du 30 août 1984. Un navire à utilisation commerciale est supposé n'effectuer qu'une navigation touristique ou sportive, à l'exclusion de toute exploitation d'une ligne régulière. Mis à part le délégataire, personne ne peut réaliser des aller-retour commerciaux sur l'île. A cela s'ajoute la problématique de la sécurité des passagers. On nous impose des régles que cette concurrence n'a pas. » David André, patron de la SAS sur Mer, goûte peu à la polémique. « Je continuerai ce service car il répond à des besoins ponctuels et spécifiques. Il s'agit d'une activité secondaire à mon service de location de bateaux et d'organisation de circuits. Cet été, cela n'a concerné qu'une cinquantaine de passagers qui ont déboursé en moyenne 60 euros pour le transfert. »
Marquer le coup
Un chiffre dérisoire face au 380.000 passagers transportés tous les ans par les Vedettes. « Il fallait marquer le coup pour ne pas ouvrir une brèche, justifie Anne-Lise Corlouër. Seul un service minmum réglementaire a été assuré dans le cadre de notre mission de service public. Je tiens à rappeler que notre activité permet à la CCI, qui gère les ports, de récupérer 350.000 euros de redevances annuelles. Avec un chiffre d'affaires de 3,7 millions d'euros, nous employons une trentaine de salariés. Ouvrir la porte à des taxis privés, c'est mettre en danger une activité réglementée. »
Julien Uguet
Transport Pour dénoncer une concurrence jugée déloyale, Les Vedettes de Bréhat à Ploubazlanec ont organisé une journée « service minimum » le 3 août vers l'archipel.