Valorène : Faire du pneu avec du pneu
# Industrie # Investissement

Valorène : Faire du pneu avec du pneu

Recyclage C'est dans une partie des anciens locaux de Kléber à Toul que Valorène s'est installée. Son objet : la valorisation globale des caoutchoucs et des sous-produits issus du recyclage des pneus et caoutchoucs. Une activité qui va débuter ce mois-ci.

Start-up fonctionnant en réseau et constituant un outil de valorisation globale pour les caoutchoucs, Valorène a été créée en 2012 par Bruno Viansson-Ponté. « L'activité qui se concentre sur l'économie circulaire, commence ce mois-ci, déclare le président. Mais le projet avait été initié en 2004 par le groupe Sita, pour lequel je travaillais à l'époque. » Cependant, la crise passant par là et un changement de présidence chez Sita étant opéré, le dossier est abandonné. « En 2010, j'ai décidé de quitter le groupe pour créer ma propre entreprise, Mastering Green Business, ou MGB, ainsi que Green Business Keys, une association regroupant des entreprises du secteur. » Grâce à ces deux structures, Bruno Viansson-Ponté relance le projet. « Avec trois entreprises de Green Business Keys et le groupe alsacien SNC Schlumberger qui fabrique des machines textile et des broyeurs de caoutchoucs, nous avons levé 140.000 €. Mais pour pouvoir lancer le projet, nous voulions investir 1,2 M€. »




Du process à la valorisation

La recherche de nouveaux actionnaires reprend de plus belle. « Le 21 décembre 2012, nous avons pu passer le capital de Valorène à 540.000 €. Nous avons été rejoints par le fabricant allemand de machines et broyeurs de caoutchoucs Krautz qui a mis 100.000 €. » En parallèle, deux recycleurs - Alpha Recyclage en Franche-Comté et Ramery dans le Nord - ont apporté chacun 50.000 €. « Mon entreprise, MGB, a remis 15.000 €, tandis que le Fonds lorrain des matériaux mettait 185.000 €. » « SNC Schlumberger et Krautz ont constitué un pôle process. Car l'idée, pour améliorer la rentabilité de Valorène, est de valoriser tout ce qui est actuellement mal valorisé. D'où la naissance d'un pôle acier. Le textile va suivre et, à terme, nous traiterons aussi les pneus. » L'objectif final est de pouvoir refaire des pneus avec des pneus. « Il y a encore des verrous technologiques. C'est pourquoi, nous devons nous donner les moyens d'innover. » Ainsi, une plateforme d'essais pour tester les nouvelles matières 1ere a vu le jour. « Nous sommes accompagnés d'un laboratoire pour caractériser les produits. » Sur la même veine, le consortium Evalorcat, regroupant environ 12 structures (entreprises, laboratoires), apporte sa pierre pour le pôle recherche. « La revalorisation globale est un véritable marché qui s'ouvre, notamment pour les manufacturiers. Car le caoutchouc est de plus en plus cher et de plus en plus rare. »




700.000 tonnes de déchets caoutchouc par an dans l'Est

Côté chiffres, dans le Grand Est, ce sont 200.000 voitures qui partent à la casse tous les ans. « Cela représente 700.000 tonnes de déchets caoutchoucs. Il y a donc un vrai marché, tant en amont qu'en aval. Aujourd'hui, Valorène a des partenaires. Nous allons donc démarrer notre plateforme d'essais et notre outil industriel sur la partie valorisation du caoutchouc et de ses sous-produits, notamment l'acier. » Ce sont 5 personnes qui seront occupées sur le site de l'entreprise qui s'est installée dans une partie des anciens locaux de Kléber à Toul. « Nous occupons 8.600 m² couverts et 20.000 m² extérieurs. À terme, 24 personnes seront embauchées. » Une fois l'activité lancée, Valorène va poursuivre ses investissements. « Le but est de développer la partie pneumatique pour arriver à cette économie circulaire si importante pour nous. » Sachant qu'en matière de développement durable, Bruno Viansson-Ponté, avec des partenaires, va également lancer une fondation. Baptisée Or Case, elle sera ouverte à tous avec pour idée de s'attaquer au volet social. « Car le capital humain est très important. » En attendant, Valorène va donc faire ses premiers pas. « Début 2015, une fois la partie pneus lancée, nous devrions atteindre les 60 salariés. »

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