« Nous sommes la deuxième région industrielle de France, hors Ile-de-France, avec 311.111 salariés, soit 18 % des salariés du territoire. Notre positionnement géographique transfrontalier nous confère une bonne place à l'export, mais la bataille de la compétitivité face notamment à des industries allemandes 4.0 se gagnera en intégrant les nouvelles technologies et les process, en modifiant les chaînes de valeur, tout en optimisant les ressources énergétiques et en repensant la place de l'homme dans l'entreprise. C'est pourquoi la Région s'engage dans un plan régional « Usine du futur », afin d'accompagner les entreprises dans ces changements essentiels à leur croissance. » Philippe Richert, président de la région Grand Est, s'est rendu chez ThyssenKrupp Presta France (CA : 603 M?; effectif : 1.200) à Florange en Moselle, afin de lancer la deuxième « Communauté des leaders » au sein de ce plan, début décembre. Le choix de ce site n'est pas un hasard, puisque l'entreprise est engagée dans une démarche « Usine du futur », avec notamment la mise en place opérationnelle début 2017 de deux robots collaboratifs, et des études sur l'utilisation par l'opérateur d'exosquelettes. « Il y a un très grand intérêt à apprendre les uns des autres, même si nous ne sommes pas présents sur les mêmes secteurs d'activité », explique Jean-Luc Hemmert, PDG de ThyssenKrupp Presta France, membre de la communauté, dont les usines de Florange et Fameck sont spécialisées dans l'assemblage de systèmes de direction pour l'automobile.
770 000 euros la première année
La Région, par le biais des directions locales, s'engage à réaliser le diagnostic de 100 à 150 entreprises par an. « Il s'agit d'un diagnostic de performance industrielle, portant sur quatre axes : la performance de l'outil de production, l'utilisation des nouvelles technologies, l'excellence environnementale et la valorisation de l'homme », explique Lilla Merabet, vice-présidente de la Région, en charge de l'innovation et de la recherche. « Le budget alloué est de 770.000 ? la première année. Les PME implantées dans notre territoire, à fort potentiel de croissance, industrielles, agricoles et artisanales sont éligibles à ce diagnostic entièrement financé par la Région. » Comme le confirme Anne Vetter-Tifrit, directrice générale de la société Velum France (CA : 20 M?; effectif : 150 personnes), en Alsace, qui a été une des premières à réaliser ce diagnostic fin 2015, « les experts dressent un portrait de l'entreprise, on nous montre nos défauts, mais nous conforte également dans les idées que nous avons, et nous apporte des solutions. Grâce aux changements que nous avons réalisés, nous avons gagné trois points de croissance, et réalisé plus de 40 % d'économies de dépenses d'énergie sur l'ensemble du site (14.000 m²). Nous avons amélioré au maximum tous les coûts de production. »
La Région Grand Est est la première de France à réaliser ce diagnostic, « nous sommes région pilote, la communauté Champagne-Ardenne sera lancée l'année prochaine. Dans le Grand Est, nous possédons 25 % des entreprises qui fabriquent des machines-outils sur l'Hexagone, si elles ne rentrent pas dans ce business act et transforment leurs entreprises, ensuite il sera trop tard. Nous devons saisir les leviers de croissance. Pour continuer à mener la bataille, il faut que nous soyons plus agiles que les autres territoires, c'est une obligation. Nous devons faire du Grand Est un des leaders européens de l'Usine du futur », confirme Lilla Merabet.