Le compte n'y est toujours pas. L'Université du Maine annonce un budget 2014 de 90 millions d'euros, en déficit de 500.000 euros malgré l'obtention par le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche d'une rallonge budgétaire et d'effectifs supplémentaires. 200.000 euros et la création de deux ou trois postes cette année, c'est tout ce qu'ont obtenu les représentants de l'université lors de leur rencontre avec le cabinet de Geneviève Fioraso le 23 décembre dernier, suite au non-vote du budget par le conseil d'administration de l'établissement. « Cette rallonge nous permet de réduire le déficit prévu à 900.000 euros. En comptant sur d'autres recettes et sur des prélèvements sur le fonds de roulement on arrivera à un manque de 500.000 euros », précise le président Rachid El Guerjouma. Mieux qu'en 2013 donc, lorsque l'université était déficitaire d'un million d'euros. L'année dernière elle est même parvenue à économiser 1,1 million d'euros sur son fonctionnement, sans toucher à la masse salariale. « Le Ministère a reconnu que notre gestion était saine. Seulement, nous sommes sous-dotés alors que nos effectifs étudiants ont augmenté de 20 % en cinq ans. » Pointée du doigt par la présidence, le passage à l'autonomie décidé par le gouvernement précédent qui transfère notamment la gestion de la masse salariale aux universités. Or, celle-ci augmente mécaniquement par l'ancienneté des salariés. Ainsi en 2014, c'est 1,6 million d'euros que l'Université du Maine doit absorber sur ses fonds propres pour alimenter ce « glissement vie et technicité », soit 3,4 millions depuis 2011.
Vigilance sur la CUE
Ces tensions sur le budget surviennent au moment où les universités doivent se regrouper en communautés, comme le prévoit la Loi Fioraso sur l'enseignement supérieur et la recherche, adoptée le 9 juillet dernier. Ces Communauté d'Universités et d'Établissements (CUE) donneraient davantage de visibilité au plan international. L'Université du Maine rejoignant ainsi la CUE Bretagne - Pays de la Loire. « Le tout à moyens constants. Il faut pourtant faire un effort. Est-ce que les Investissements d'avenir ne pourraient pas en partie servir à voir émerger cette CUE ? » Malgré ces interrogations sur son avenir, l'Université du Maine s'est vue confirmer son rôle de premier plan dans l'acoustique. Elle touche en effet dans le cadre des projets d'instituts Recherche Formation Innovation (RFI) une subvention régionale de 4,5 millions d'euros sur cinq ans pour le développement de son institut d'acoustique. Le conseil de la Sarthe et la ville du Mans abondant au projet à hauteur de 1,5 million d'euros chacun. De quoi asseoir la place de l'acoustique au Mans.
Enseignement L'Université du Maine affiche un déficit de 500.000 euros sur son budget 2014, malgré une rallonge de son ministère de tutelle.