Une victoire à la Pyrrhus pour la capitale régionale

Une victoire à la Pyrrhus pour la capitale régionale

À l'annonce du projet de réunification des deux régions normandes, les voisins bas-normands ont craint de voir la Métropole rouennaise concentrer l'essentiel du pouvoir politique régional. La volonté très vite affichée des grands élus locaux de l'ancienne majorité de faire de Rouen le siège de la préfecture de région n'en était-elle pas le signe évident ? Sur ce point, ils ont d'ailleurs très vite obtenu gain de cause. Renforçant d'autant la défiance des Caennais. Pourtant, moins de deux mois après l'élection d'Hervé Morin (UDI), on peut se demander si cette victoire en est vraiment une ! Le président de la Métropole de Rouen Frédéric Sanchez (PS) a beau répéter qu'il n'est pas « dans l'état d'esprit d'une forteresse assiégée », force est de constater que le centre de gravité politique et économique régional s'est fortement déplacé vers l'agglomération caennaise. Malgré deux premières plénières rouennaises, le Conseil régional siégera bien in fine à Caen, ainsi que son président déjà installé dans l'ancien fauteuil de Laurent Beauvais. Sur le terrain économique, l'Agence de développement qui va concentrer l'ensemble des moyens d'action de la collectivité dans ce domaine sera physiquement au côté du président de région. Hervé Morin l'a d'ailleurs redit devant les filières réunies début janvier du côté de Gaillon. Au final, l'équilibre imaginé par les élus de l'ancienne majorité haut-normande et leurs amis rouennais, qui plaçait la capitale au « barycentre » de la région, reposait sur une hypothèse : la victoire de la liste emmenée par Nicolas Mayer-Rossignol aux élections régionales...



Guillaume Ducable @email