Frédérique Cerisier,
économiste, BNP Paribas.
La crise de cet été est-elle un pur phénomène financier?
Elle part de l'observation d'un ralentissement marqué de l'activité économique aux États-Unis et en Europe. Quand on regarde les enquêtes de conjoncture faite auprès des entrepreneurs français, on constate ainsi une détérioration rapide au début de l'été. Le fondement est donc dans l'économie réelle. Et la turbulence a été violente car elle a soulevé le problème du remboursement des dettes souveraines. Tout cela a eu l'impact que l'on sait sur les marchés financiers.
Quel sera l'impact à court terme sur les PME?
L'impact direct que l'on peut imaginer se situe dans une tension du marché du crédit. Ceci dit, je serais étonnée que l'on observe cela. L'effort des banques a déjà été important durant la période 2008/2010 et il devrait se poursuivre. Nous restons en effet dans une politique monétaire européenne qui est relativement accommodante.
Faut-il s'attendre à un durcissement de la fiscalité des entreprisesfrançaises?
Pour l'instant, il y suffisamment de marges de manoeuvre en matière de réduction des niches fiscales. Il est donc possible de faire les choses de façon mesurée. L'expérience vécue par d'autre pays montre que des mesures trop drastiques se traduisent par des récessions. Agir ainsi serait donc une erreur
.
- TROIS QUESTIONS À