«Le pire est devant nous!» Michel L'Hoste, secrétaire général de la Fédération départementale du BTP dresse un constat alarmant. S'il n'y a pas eu jusqu'à présent de défaillance majeure, nombre de TPE et PME en redressement judiciaire se voient offrir des prolongations de période d'observation pour éviter la multiplication des liquidations. Chute de 40% des autorisations de mise en chantier de logements neufs dans le parc privé, baisse de 20% à 30% pour le non-résidentiel et les équipements publics: la crise surgit à l'été 2008 pour le gros oeuvre et elle s'est répercutée sur l'ensemble des corps d'état secondaires. Seul le logement social a maintenu le cap, de même que l'entretien-amélioration, qui pèse pour 50% du chiffre d'affaires du secteur. Le plan de relance n'a pas encore produit ses effets. Les ?Grands travaux ?comme la Ligne à grande vitesse (LGV) sont en phase d'études et les chantiers ne débuteront pas avant 2010. En revanche, le fonds de compensation de la TVA a conduit les 214 communes et communautés de communes du département à renforcer leurs investissements. Mais les projets portent d'abord sur les travaux publics. Pour les constructions, il faudra aussi attendre le début d'année prochaine. Autre piste prometteuse: la construction durable et la batterie de mesures fiscales inscrites dans les Grenelle 1 et 2. «Il commence à y avoir des retours, même si cela reste pour le moment modeste», souligne Michel L'Hoste. Reste le décalage entre la situation actuelle et le redémarrage dont les conséquences sur les bilans, en volume, ne sont pas attendues, au mieux, avant 2011.
Prix: baisse jusqu'à 50%
Les donneurs d'ordres profitent parfois de ce marasme pour tirer sur les prix, avec une baisse moyenne de 20% qui peut atteindre jusqu'à 50%. D'où un ?coup de gueule? des responsables du secteur. «À ce jeu, les marges sont laminées et seuls les plus solides vont pouvoir passer le cap», prévient le directeur de la FFBTP35. Forts de l'expérience de la précédente crise, en 1997, les chefs d'entreprise ont tenté jusqu'à présent de conserver leurs effectifs permanents qualifiés, avec un maximum de 400 suppressions de postes pour 21.500 salariés. Le recours à l'intérim en a fait les frais, avec une chute de 40%.
Après la rupture historique de l'été 2008, le secteur du BTP devrait entrevoir un début d'amélioration à partir du printemps prochain. Trop tard pour les entreprises les plus fragiles.