Une remise en cause du management à la française

Une remise en cause du management à la française

Souvent ce sont les relations et l'organisation des hommes dans l'entreprise qui constituent un obstacle majeur au développement du télétravail.

Pour se développer, le télétravail dépendrait grandement d'une évolution de la culture managériale «à la française». Car la collaboration à distance modifie les relations de travail et impacte le lien de subordination du travail salarié. François Badenès, le directeur de Human Connect, une société nantaise spécialisée dans les technologies de la relation, estime ainsi que «les sociétés françaises sont restées sur des modes d'organisation très infantilisants. Alors que chez les Anglo-saxons, la confiance est un postulat de départ, chez nous, c'est beaucoup moins évident. Plus qu'un strict supérieur hiérarchique, le manager doit apprendre à se positionner comme un animateur d'équipes et de projets». Ce changement d'attitude n'est pas sans créer des réticences chez les managers, qui ont souvent le sentiment de ne plus contrôler la situation lorsqu'ils n'ont plus leurs salariés ?sous la main ?.




L'atout flexibilité

Le télétravail met à mal les concepts usuels du temps de travail et les frontières entre vie professionnelle et vie privée. Au détriment de la seconde? Pas forcément, car il permet aux entreprises d'offrir une plus grande flexibilité dans la gestion de ses allées et venues entre lieu de travail et lieu de vie.




Les atouts du ?home office ?

François Omnès, responsable des affaires économiques et cliniques chez Smith Nephew, laboratoire pharmaceutique anglais, pratique ainsi régulièrement le ?home office ?, télétravail à domicile: «Nos bureaux, basés à Courbevoie et auMans, sont structurés en open space. Pour la tranquillité d'esprit, je préfère travailler chez moi. Cet isolement facilite la concentration intense et continue. Je peux organiser mon travail sans être dérangé par les autres. J'ai une plus grande souplesse qui me permet aussi d'aller chercher si je veux mes enfants à l'école. Le souci, c'est qu'il n'y a pas de limite d'heures.» Pour maintenir le lien avec ses collaborateurs, François Omnès se rend au bureau au moins une fois par semaine: «Le face à face reste essentiel dans la relation de travail», précise-t-il. Si un temps complet peut en effet poser des problèmes d'isolement du salarié, les marges principales de progression du télétravail en France, comme à l'étranger, résident dans la diffusion du télétravail partiel, un à deux jours par semaine. C'est d'ailleurs ce rythme raisonné qui pourrait bien contribuer à faire entrer un peu plus le travail à distance dans les moeurs.