Quatre ans après avoir investi cinq millions d'euros dans son outil de production, la boulangerie-pâtisserie industrielle Roger Sicard implantée à Saint-Jean-de-Beugné s'attelle aujourd'hui à remettre en ordre de bataille ses points de vente. « En 2013, nous avons envisagé d'assurer la pérennité de l'entreprise par le biais de l'outil de production. C'est aussi à cette époque que mon père et ma mère, Roger et Monique Sicard, les fondateurs de l'entreprise m'ont laissé la main même s'ils sont toujours présents pour accompagner », explique Véronique Sicart, qui dirige l'entreprise. À l'époque, la dirigeante avait eu recours à l'emprunt pour le développement des moyens de production. L'entreprise, qui fabrique du pain, des brioches (la plupart en Indication géographique protégée, Label Rouge ou bio) et des préfous, emploie aujourd'hui 220 personnes (dont 135 dans les points de ventes) et a réalisé 18 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2016. Elle vise les 20 millions pour 2017.
Une première pour l'entreprise
Véronique Sicard a donc opéré une première avec Océan participations : elle a ouvert début mai le capital de l'entreprise à quelqu'un d'extérieur à la famille. « C'est une bonne chose, ça va nous apporter de la rigueur, de l'exigence de l'ambition, sans renier nos valeurs. Notre nouvel actionnaire va nous apporter son regard extérieur et a le souci du développement de l'emploi local. » Le fonds d'investissement du Crédit Mutuel Océan a finalement pris 14 % des parts de l'enteprise pour une levée de fonds globale de près de 350.000?. Les deux parties feront le bilan dans sept ans.
Renouveler l'offre en magasin
Aujourd'hui, la concurrence est de plus en plus forte sur les points de vente avec des entreprises aux stratégies d'expansion plus agressives. « Un réseau qui n'est pas entretenu est un réseau voué à mourir », a alors constaté Véronique Sicard. Forte de ce constat, elle a audité ses forces et ses faiblesses, a pris le pouls de la concurrence dans les grandes villes jusqu'à Paris et Londres et s'est décidée à investir dans un concept stratégique plus à même de faire face à l'adversité « d'abord sur ses bases historiques en Vendée. » « Notre légitimité est sur notre territoire. Nous n'avons pas d'ambition nationale, le nombre de magasins importe peu. » Il faut surtout renouveler l'offre et relooker la trentaine de magasins qui sont des succursales de la maison mère. Un ou deux petits points de vente devraient fermer, sans toucher à l'emploi, et des ouvertures comme à La Rochelle, à Challans ou aux Herbiers pourraient être à prochainement à l'ordre du jour.