Après un début d'année difficile où la plupart des entreprises d'Alsace ont géré les stocks pour traverser une conjoncture en manque de visibilité, un léger changement s'est fait sentir après août. Trop tôt encore pour dire si cette reprise sera stable en ce début de novembre. Mais les observateurs - Banque de France, Insee, Urssaf- pointent des signes encourageants. Comme la hausse de l'emploi intérimaire, premier levier actionné en période de crise pour amortir le creux économique. Il fonctionne à nouveau: en glissement annuel, il marque une progression de34,9%, soit 5.300 emplois dans le secteur concurrentiel d'après l'Urssaf. Une évolution qui contribue à freiner les destructions d'emplois dans la région. Quant à la demande, ses signaux passent aussi à l'orange. Elle a montré de bonnes dispositions en septembre, s'ajoutant aux plans de relance des collectivités publiques, selon la Banque de France. Les commandes, tant intérieures que celles en provenance de l'étranger ont progressé, l'export ayant nettement rebondi dans le matériel de transport.
La prudence est de rigueur
Des résultats dont les effets sont visibles sur la balance commerciale de la région. L'Alsace a exporté pour 13milliards et 245millions d'euros contre 13milliards et 918millions d'euros d'importation d'après les Douanes. Ce qui ramène la région à un solde négatif d'environ 673.000euros, pratiquement à l'équilibre pour les six premiers mois de l'année avec un taux de couverture de 95%. Mais la prudence est toujours de rigueur. L'industrie, qui compte pour 21,5% des salariés de la région connaît encore une situation fragile, selon les secteurs. Comme l'illustre le cas General Motors à Strasbourg, dont l'issue, après beaucoup d'incertitudes, s'avère encourageante. Autre élément qui pourrait faire la différence à moyen terme: les stratégies des entreprises. Les données comptables n'intègrent en effet pas une partie de leurs investissements, souvent silencieux, dans des solutions pérennes qui découlent de la crise et qui s'avéreront positifs pour l'avenir.
Après un début d'année difficile, une reprise, encore fragile, se dessine. Les indicateurs marquent une stabilisation de la situation économique alsacienne. Les commandes tant intérieures que celles en provenance de l'étranger ont progressé. L'export a nettement rebondi, porté par les secteurs pharmaceutique et automobile. Le marché de l'emploi s'améliore légèrement et les créations d'entreprises progressent.
Jean Rouget