Un train d'avance sur les promesses

Un train d'avance sur les promesses

Le jeu de dupes continue. Le Premier ministre Manuel Valls et la ministre de l'Écologie Ségolène Royal ont signé, le 10 janvier, un décret « déclarant d'utilité publique et urgents les travaux nécessaires à la réalisation de la ligne à grande vitesse (LGV) Poitiers-Limoges ». Ce projet est décrié de toute part. Il a reçu les avis négatifs de la commission Mobilité 21, de la Cour des Comptes et du Conseil d'État, et est déjà l'objet d'un recours de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports. Oui, mais il n'aura échappé à personne que la desserte du Limousin est un sujet cher au chef de l'État. Alors, le gouvernement fait comme si. Comme si ce projet très largement contesté était « d'utilité publique ». Comme si ce projet loin d'être prioritaire était en fait « urgent ». Et surtout comme s'il y avait l'argent nécessaire à son financement. SNCF Réseau vient d'annoncer qu'il manquait 796 millions d'euros sur le budget de la LGV Tours-Bordeaux. Au-delà de Bordeaux, vers Toulouse et l'Espagne, les dates de chantier sont de plus en plus incertaines et lointaines (on parle de 2032 pour Dax !) Alors, qui peut croire qu'une LGV verra le jour entre Poitiers et Limoges ? À trop promettre, on génère la désillusion. @email Twitter :@YannBuanec

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