Un mois vu par Caroline Weber

Un mois vu par Caroline Weber

Directrice générale Middelnext depuis 2007 Présidente de l'association européenne des valeurs moyennes cotées Parcours Née le 14 décembre 1960. Diplômée d'HEC en 1983. Directrice générale de différentes entreprises (Cars Philibert, Chaîne & trame) Administratrice de grands groupes.

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ne Bourse des PME à Lyon.

«Même si la Bourse n'est pas une fin en soi, c'est du gâchis de ne pas utiliser cet outil pour financer les entreprises. La fusion entre Nyse et Euronext s'est faite au détriment des PME locales. Il est acté aujourd'hui que la Bourse en France est dans une impasse. Avec Middelnext, je suis convaincue que les décisions doivent se prendre sur le terrain avec des équipes dédiées en région et qui connaissent le tissu économique, tant du côté des entreprises que des investisseurs. Et toutes les initiatives sont bonnes. À l'image du hub de la finance qui vient de voir le jour ou du projet de la CCI qui constitue "l'antichambre" de la Bourse. Il faut maintenant que ces initiatives convergent. Rhône-Alpes peut être moteur dans ce domaine à l'échelle nationale. Jean-Jack Queyranne et Gérard Collomb sont à l'écoute des entreprises. Ils comprennent les enjeux des PME. La région dispose d'un éco-système favorable pour aller plus vite et davantage fédérer les acteurs locaux.»




Rediriger l'épargne longue vers les PME.

«Il faudrait en la matière une politique volontariste pour créer des fonds dédiés aux financements des PME. Des mesures simples pourraient être prises: créer un PEA PME, utiliser 1 ou 2% de l'assurance-vie, travailler sur la fiscalité des plus-values pour qu'elle soit dégressive... Le véritable enjeu est de rediriger l'épargne vers les PME qui en ont vraiment besoin et qui créent des emplois en France, contrairement aux entreprises multinationales qui embauchent à l'étranger.»




Arrêter de stigmatiser le patronat français.

«En Grande-Bretagne ou en Allemagne, les patrons sont des héros nationaux. En France, ils sont constamment stigmatisés. Nous avons un vrai problème de culture économique. De plus, la régulation se fait par l'exception. Les patrons français sont souvent mis au pilori. Respect et chapeau bas à tous ces dirigeants de PME qui n'hésitent pas à engager leur patrimoine et leur énergie pour les entreprises.»