Un mois vu par Anny Courtade

Un mois vu par Anny Courtade

Présidente de Lecasud Dirigeante de centres Leclerc Membre élu de la CCI Parcours Née en 1939 1974: Rachète pour le montant du passif un centre Leclerc auCannet. 1989: PDG de Lecasud et crée l'hypermarché Rapsodi à Saint-Raphaël. 1993: Prend les rênes du club de volley féminin cannois. 1995: PDG de Leclerc Melhodi auCannet Rocheville. 2010: Vend Leclerc Rocheville pour se consacrer à son projet de centre commercial dans le quartier cannois de Ranguin.

L




a journée de la femme.

«Je trouve que nous pourrions très bien nous passer de cette célébration. Elle est discriminatoire et ne fait que pointer du doigt une inégalité persistante. Les femmes sont moins représentées aux postes clés, c'est un fait. Mais là où il y a la volonté, il y a toujours un chemin. Le plafond de verre peut être brisé. J'en suis la preuve. Le 8mars prochain, j'irai comme tous les ans partager mon expérience avec d'autres femmes. Je leur rappellerai que la parité se juge au mérite et non au sexe. Une femme peut accéder aux plus hautes fonctions. Elle peut même devenir Président de la République. Tout dépend de ses compétences.»




La condamnation de Carrefour pour non-respect du SMIC.

«Quand on dirige une entreprise, le minimum est de respecter la loi. Je ne veux pas critiquer mes confrères, mais je peux comprendre la position des syndicats. Carrefour est un groupe coté en bourse. Les dirigeants ont une logique financière. Dans les centres commerciaux Leclerc, le raisonnement est différent. Nous sommes des patrons indépendants. Je propose, par exemple, à mes salariés les services de coiffeurs, de coaches et de masseurs. Je redistribue également au personnel 25% des résultats avant impôts, en plus du treizième mois. Quand un patron adoucit les conditions de travail, il s'y retrouve toujours.»




Les 35heures.

«Cette loi est une aberration. Elle est complètement stérile et a mis toute l'économie de la France par terre. Notre productivité et notre compétitivité sont altérées. Le gouvernement actuel a tenté d'assouplir un peu les choses, mais je crois malheureusement que personne n'aura le courage de revenir en arrière. Les Français sont devenus ingouvernables. Ils descendent dans la rue à tout bout de champ. Au Moyen-Orient, les gens manifestent pour restaurer la démocratie, ce qui est tout à fait normal. Chez nous, les gens se battent pour du superflu. Je travaille près de 70heures par semaine, j'ai dépassé depuis longtemps l'âge de la retraite et je ne me plains pas.»