Un mois avec Yvon Grosso

Un mois avec Yvon Grosso

Président de l'UPE 06 (Medef et CGPME) Parcours Né en 1953 1980: entre chez Ecco (ex-Adecco) et prend la direction régionale. 2007: quitte Adecco et rachète l'agence d'intérim d'insertion T'Plus. 2008: crée Agyca, SAS spécialisée en conseil en management des RH.

La taxe professionnelle. «C'est un argument politique avant tout. Car si la taxe professionnelle disparaît en tant que mot, elle existe toujours en tant que base d'imposition. Or, on aurait souhaité la voir totalement disparaître, même si personne n'y croyait. Finalement, c'est juste un jeu de calcul, qui se décline sur deux niveaux: une taxe sur la valeur locative foncière, la CFE (Contribution foncière des entreprises), qui n'avait pas été revalorisée depuis 1973, d'où le bond constaté, et une taxe calculée sur la valeur ajoutée, payable au printemps prochain. Si les entreprises industrielles s'en sortent bien avec la disparition de l'impôt sur l'outil de travail, les entreprises de services et de main-d'oeuvre sont clairement pénalisées. Car plus vous embauchez, plus vous créez de la main-d'oeuvre, et donc plus vous payez. C'est totalement contre-productif, d'autant qu'en France, 70% des entreprises ont une activité de services. En un mot, c'est à revoir!»




Les retraites.

«Ce qu'il vient d'être voté, c'est un colmatage financier nécessaire, mais certainement pas un clap de fin. Car si le financement est temporairement réglé, le système des retraites reste injuste. Avec 68 régimes différents, les Français sont inégaux face à la retraite, c'est donc tout le système qui est à revoir. Je défends l'instauration d'un système de retraite à points, qui me semble plus pérenne et plus équitable. Les points correspondraient aux salaires perçus et à des contributions versées tout au long de la carrière qui une fois valorisées détermineront le montant de la pension. Il n'y aurait plus de problème d'âge, ni de statut, le salarié étant libre de partir quand il le souhaite.»




La minute Cantona.

«Chacun exprime son mécontentement comme il l'entend, mais cela m'a plutôt semblé être une pulsion de communication. Économiquement, ce n'est absolument pas réfléchi, ni réalisable d'ailleurs. On ne peut plus revenir à l'âge du bas de laine. Le métier de banquier est indispensable, par contre, il est vrai qu'il faut faire des réglages sur la financiarisation de l'économie, et rendre plus fiable le système.»