Mulhouse
Un mois avec Joël Gunzburger
Mulhouse

Un mois avec Joël Gunzburger

[CHAPO_TITRE]directeur La Filature, Mulhouse [CHAPO_TITRE]Parcours 49 ans Ancien élève du conservatoire supérieur des arts dramatiques (Bruxelles) A été administrateur de l'Ubu repertory theatre (New York) Ancien responsable des collections et acquisitions du Musée national d'art moderne Directeur de la scène nationale de la Filature depuis Mai2006

Les expositions Sciences et curiosités à la cour et Murakami à Versailles. «Les Rois de France ont souvent été loués pour leur capacité à ?mécéner? des artistes, à accompagner la formation de nouveaux courants de pensée et ainsi à apporter une nouvelle façon d'appréhender la culture. Tout comme ils ont su s'ouvrir à la science. Ils ont, de la sorte, inscrit leur temps dans la modernité. Le président du Château de Versailles, Jean-Jacques Aillagon, a su, joignant l'impertinence à la pertinence, raviver cette réalité avec l'exposition Murakami. Pour beaucoup, Versailles est aujourd'hui une sorte de temple sacré auquel il ne faudrait pas toucher. C'est effectivement un temple sacré, mais qui ne doit pas rester immobile, ni figé. Ceux qui apparaissent comme des iconoclastes en accueillant Murakami ou l'exposition ?Sciences et curiosités à la cour? magnifient, au contraire, ce lieu. Ils ont su marier la force de cette architecture royale et la modernité de ces expositions, apporter un autre point de vue sur ce qu'est Versailles. Je suis toujours surpris par le conservatisme dans lequel certains peuvent tomber.»










La crise économique qui n'en finit plus.

«Après la faillite d'une grande banque en 2008 et la crise financière de 2009, on s'était dit qu'il y avait des leçons à tirer, qu'il fallait être plus lucides sur le système, limiter les bulles spéculatives... Aujourd'hui, les problèmes reviennent à la Une. La situation de l'Irlande retentit comme une sonnette d'alarme et le constat, c'est que rien n'a été solutionné. Je suis terriblement inquiet de voir qu'une minorité continue à se quereller les richesses du monde. Il y a, derrière cela, le leurre insupportable du ?travailler plus pour gagner plus?. Sous-jacente, l'idée d'une société exclusivement matérialiste alors que l'épanouissement peut être ailleurs. C'est, selon moi, une forme de fuite en avant qui a conduit à la faillite de banques et fragilise des États. Que faisons-nous pour revenir à une société où l'individu serait remis au centre? Bien des artistes sont aujourd'hui inquiets de ces développements et ramènent sur scène des questions nécessaires, fondamentales: qui sommes-nous, où allons-nous, que faisons-nous?»

Mulhouse