Un mois avec Jean-Benoît Portier
# International

Un mois avec Jean-Benoît Portier

P-dg Falienor (21 M€ CA, 110 salariés) Vivy Parcours 48 ans Ingénieur en agronomie-tropicale Roussel Uclaf Reprise de Falienor en 1997

Les événements en Côte d'Ivoire et en Tunisie.




«Je connais bien la Côte d'Ivoire pour y travailler depuis 20 ans. Falienor y a son usine de production de fibre de coco. Les Ivoiriens sont «fatigués» comme ils le disent de la situation. Entre la Côte d'Ivoire et la Tunisie, les problématiques sont proches. On constate jusqu'où peuvent mener les dérives du pouvoir et la difficulté de mettre en place un régime vraiment démocratique. La corruption par l'argent a gangrené ces deux pays. Enfin, ne l'oublions pas, ce sont les peuples qui souffrent avant tout! Au point de mourir pour la liberté d'expression. Or, nos journaux télévisés français nous présentent ces événements comme un feuilleton... divertissant! En France, on ne se rend plus compte de la chance et de la liberté que nous avons. J'ai été choqué de voir des très jeunes Français descendre dans la rue pour leur retraite par inquiétude quand d'autres en Tunisie descendent pour leur liberté, au prix de leur vie.»

L'affaire du Mediator.

«Dans l'affaire du Mediator comme dans
celle Bettencourt, je me sens incapable, à ce jour, de savoir où se situe la vérité. Le risque, pour les hommes et les femmes politiques, c'est l'instauration d'une sévère crise de confiance des citoyens. Du pouvoir médiatique ou du pouvoir politique, lequel puis-je croire? On en vient ainsi à poser la question de la collusion entre pouvoir et argent. Dans notre rôle de chef d'entreprise, «les mains dans le cambouis» tous les jours, nous recevons mal qu'une certaine élite protégée puisse se prévaloir d'une impunité alors que nous sommes, nous, totalement responsables, y compris pénalement, de la moindre de nos décisions.»

La paralysie de Roissy en déc


embre.
«Nos sociétés technologiques sont fragiles. Qu'il neige sur nos pistes et nos autoroutes, et tout se bloque. N'acceptant plus le risque, on veut trouver des coupables et des responsables. Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne chose. Le principe de précaution inscrit dans notre Constitution est l'expression de ce refus de la prise de risque. On va devoir apprendre à vivre autrement. Avec le risque bien réel de sociétés émergentes en Asie et en Amérique du Sud décidées à prendre leur part de notre avenir devenu global!»

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