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Trophées de la reprise : Cession sereine à la Snere
Morbihan # Reprise

Trophées de la reprise : Cession sereine à la Snere

Alors que se terminent les inscriptions pour les Trophées 2012 de la reprise d'entreprise, focus sur le rachat d'une PME de Caudan par un groupe.

— Photo : CC0

C'est ce mois-ci, le 31octobre, que se clôt le dépôt des candidatures pour la cinquième édition des Trophées de la reprise. Les résultats de cet événement récompensant les meilleurs projets de reprise d'entreprise organisé par le Club des repreneurs d'affaires (CRA) seront dévoilés à Paris en février. Localement, en tout cas, le nombre de dossiers examinés par les antennes de l'association CRA tend à stagner. «La crise a abîmé les comptes», rappelle Pierre Duigou, délégué Bretagne du CRA basé à Quimper. «Or comme le résultat valorise directement une entreprise, le prix n'est plus au rendez-vous.» À Caudan, le 1eroctobre 2008, juste avant la faillite de Lehman Brothers, Maurice Andreotti, a lui pu encore vendre pour une somme substantielle son entreprise d'électricité la Snere au groupe charentais Brunet. Suffisamment pour s'assurer des revenus satisfaisants. Et accomplir un rêve un peu fou en s'achetant un camping-car "king size" de onze mètres de long et 15 tonnes. Un véritable petit pavillon individuel sur roues à 300.000euros doté d'un garage intégré capable d'accueillir une smart!

Timing et choix d'un groupe

Un "Saint Graal" qui n'a pas été atteint «sans transpirer, un travail de folie de sixheures à 20 heures y compris le samedi et le dimanche», remarque Maurice Andreotti. «Désormais, je n'ai plus de chape sur les épaules, avec ce mal à l'estomac qui me prenait le dimanche après-midi avant la reprise du lundi.» Obtenir un bon prix n'aura pas été qu'une question de timing. Mais aussi de négociation. Ici, elle aura duré un an et demi. «Pour un individuel, le prix est une barrière puisqu'il doit apporter 30% du montant total avant de faire appel aux banques. Un groupe est dans une autre logique et achète des parts de marché», remarque Pierre Duigou. Un acheteur de gré à gré examine en priorité les résultats de l'entreprise. Avec 8 % de rentabilité avant impôts, ceux de la Snere étaient bons, surtout la dernière année.

Pérennité

«Un groupe peut être motivé par des raisons fiscales», ajoute Joël Briend du CRA Lorient, où l'association cherche à se développer. «Il y a au groupe Brunet des lignes de crédits d'acquisition, avec des banques associées qui sont attribuées tous les ans pour des rachats», explique Stéphane Mériau, désormais directeur de la Snere. Roland Texier, qui en était actionnaire à 33%, remarque: «Un individuel est dans une stratégie à court terme. Tandis qu'un groupe est davantage dans le moyen et long terme.» Restait aussi à trouver une organisation à taille humaine, tant la pérennité de son entreprise était importante pour Maurice Andreotti. La Snere est passée de neuf à 15 salariés depuis son changement de mains.

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