Travaux publics : Comment retrouver le juste prix du savoir-faire?
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Travaux publics : Comment retrouver le juste prix du savoir-faire?

Réunie en États Généraux le 20janvier à Metz, la Fédération des Travaux publics avait un message pour les donneurs d'ordres publics: «Investissez».

C'est l'effet du balancier qui oscille vers les prix bas... Et qui ne revient pas. Patrick Bernasconi, président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP), décrivait aussi lors des États Généraux de la profession un «effet ciseaux» qui faisait des dégâts dans la profession. Peu importe l'image, les chiffres parlent d'eux-mêmes: avec -2% en Lorraine en 2010, -15% au niveau national sur trois ans, l'activité dans les travaux publics ne remonte pas. La baisse des effectifs en Lorraine a été de 10%, faisant passer le nombre de salariés dans les travaux publics autour de 10.000pour environ 400 entreprises. Au niveau national, la perte est de 15.000emplois, pour une profession qui compte plus de deux millions de salariés.




Collectivités frileuses

«Pour l'instant, ce sont les intérimaires qui ont encaissé le choc», souligne Patrice Haltebourg, le président régional, en insistant sur le fait que la profession n'a pas commis l'erreur de dégraisser à tour de bras, courant ainsi le risque de se retrouver au dépourvu lors de la reprise. «La crise n'est pas de courte durée», insiste Patrick Bernasconi, qui est le premier à reconnaître qu'avec «le plan de relance, le remboursement anticipé de la TVA ou encore la Loi LME», les pouvoirs publics ont su agir pour donner un peu d'air à la profession. «Mais les collectivités sont frileuses», dénonce Patrice Haltebourg. «Il faut maintenant qu'elles retrouvent le chemin de l'investissement. L'exemple des routes est le plus parlant. On ne peut pas repousser indéfiniment l'entretien et l'investissement. Au final, ça peut coûter jusqu'à dix fois plus à une collectivité. Ces arbitrages sont incompréhensibles.» Si le projet Mettis, à Metz, pourra offrir en 2011 quelques belles perspectives à la profession, les Vosges et la Meuse sont des départements «sinistrés» aux yeux de Patrice Haltebourg, qui déplore la perte «de leur capacité d'investissement». Jamais les derniers pour interpeller les élus, les hommes de la Fédération savent aussi reconnaître leurs torts: «Nous sommes allés beaucoup trop loin dans les prix bas», confesse Patrice Haltebourg, qui voudrait maintenant que les donneurs d'ordres voient d'un bon oeil les prix remonter. Pas simple...




Perte de compétences

Mais le président compte sur le concept magique de «développement durable» pour faire passer la pilule: plus d'ingénierie, plus de matériaux respectueux de l'environnement, et le prix devient celui d'un savoir-faire. Toujours au registre des inquiétudes, «la perte de compétences techniques des donneurs d'ordres publics. La disparition des services techniques de l'État n'a été que partiellement compensée par les services techniques des grandes collectivités territoriales, et pas du tout dans les petites communes ou communauté de communes», déplore la profession. Malgré ce début d'année bien morose, les entrepreneurs ne paniquent pas, assure Patrick Bernasconi, car «la prise de conscience des enjeux est collective».

Site internet de la Fédération



www.frtp-lorraine.fr

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