La France possède une forte culture de la course au large, sur laquelle le fret à la voile peut capitaliser. Il suffit de se tourner vers l'armateur bayonnais Vela, qui compte parmi ses fondateurs le skipper François Gabart. Ce dernier avait par le passé pulvérisé le record du tour du monde en solitaire à la voile. Vela a bouclé une levée de fonds de 40 millions d'euros auprès d'investisseurs français et américains l'année dernière. Elle prévoit une livraison de son premier navire pour le second semestre 2026.
"Nous avons une position de leader grâce aux recherches menées dans la course au large, qui est au vélique ce que la F1 est à la voiture"
Surfant sur une dynamique similaire, l'entreprise du bassin d'Arcachon Beyond the Sea (48 personnes) a été fondée par Yves Parlier, ancien skipper du Vendée Globe, renommé "L'ingénieur des mers". Sa start-up développe des ailes de kitesurf baptisées SeaKite pour tracter les bateaux. "Nous avons déjà signé des contrats de co-développement avec cinq armateurs. Il y a 10 ans, ils avaient tendance à nous prendre de haut. Aujourd'hui, beaucoup sont intéressés", souligne Yves Parlier.
Parmi les stars engagées dans cette démarche entrepreneuriale, il y a également le champion du monde de kitesurf, Alexandre Caizergues, qui dirige aujourd'hui la start-up marseillaise Syroco. Cette dernière propose un service de routage météo de nouvelle génération. À défaut d'être des industriels, ces noms offrent une visibilité, mais aussi une légitimité technique au secteur. "La filière française a une position de leader forte vis-à-vis de la concurrence asiatique et norvégienne. C'est grâce, notamment, aux recherches menées dans la course au large, qui est au vélique ce que la F1 est à la voiture", analyse pour sa part Marc Thienpont, dirigeant de Beyond the Sea.