Vendée
"Transmettre et pérenniser nos entreprises sont deux priorités pour l’économie vendéenne"
Interview Vendée # Syndicats patronaux

Sophie Renner présidente du Medef Vendée "Transmettre et pérenniser nos entreprises sont deux priorités pour l’économie vendéenne"

Nouvelle présidente du Medef Vendée, Sophie Renner veut inscrire son mandat dans la continuité, tout en renforçant l’accompagnement des entreprises sur les enjeux de transmission, de compétences et de compétitivité. Entretien avec une dirigeante, par ailleurs présidente du groupe industriel Vensys.

Sophie Renner, dirigeante de Vensys, et nouvelle présidente du Medef Vendée — Photo : DR

Vous êtes présidente de Vensys Group, une ETI industrielle vendéenne implanté au Poiré-sur-Vie. Pourquoi avez-vous accepté de prendre la tête du Medef Vendée ?
On est venu me chercher, pour dire les choses simplement. Et j’ai accepté, car je considère qu’il est essentiel de faire entendre la voix des chefs d’entreprise, de défendre leurs intérêts sur le territoire. Le Medef est un outil d’accompagnement, de représentation et de dialogue. Ma mission, aujourd’hui, c’est de faire remonter les besoins du terrain pour soutenir la croissance, la compétitivité, l’innovation et l’emploi. Le Medef Vendée compte 3 600 entreprises adhérentes, représentant 70 000 salariés, soit environ 40 % des salariés du secteur privé.

Quels grands enjeux identifiez-vous pour le tissu économique vendéen ?
J’ai défini deux priorités : transmettre et pérenniser. Beaucoup d’entreprises vendéennes sont familiales, et la transmission – qu’elle soit aux enfants ou à une direction opérationnelle locale – est cruciale pour conserver les centres de décision sur le territoire. Pérenniser, c’est garantir la solidité et la durabilité de nos entreprises dans un monde en mutation constante.

Comment le Medef Vendée agit-il concrètement sur ces priorités ?
Nous avons déjà mis en place plusieurs clubs. Le club Transmission, par exemple, se réunit tous les trimestres pour accompagner les dirigeants dans leur réflexion, avec des interventions d’experts (avocats, banquiers, etc.).

"Sans solution de logement, il est difficile d’attirer de nouveaux talents."

Le club Recru’Méninges, lui, travaille sur les compétences, l’emploi de demain, et la marque employeur. Ce sont des lieux de partage pour répondre aux enjeux de recrutement, d’alternance ou de fidélisation.

Le logement des salariés devient un frein au recrutement en Vendée. Le Medef peut-il porter cette problématique ?
Bien sûr. Sans solution de logement, il est difficile d’attirer de nouveaux talents. Nous travaillons avec Action Logement, et soutenons les initiatives d’entreprises qui construisent ou achètent des logements pour leurs salariés. Ce sont des démarches à encourager, car elles répondent à une vraie urgence.

Attirer les jeunes talents, c’est aussi faire rayonner la Vendée au-delà du département ?
Absolument. Le sujet de l’attractivité ne s’arrête pas aux limites du département. Nous devons valoriser le dynamisme et les réussites vendéennes à l’échelle régionale et nationale. Dans ce sens, nous avons relancé le Comex 40, qui rassemble de jeunes entrepreneurs de moins de 40 ans. Leur mission : réfléchir ensemble à l’avenir du territoire, autour de l’innovation, de la croissance ou encore de la transmission.

L’intelligence artificielle fait-elle partie des sujets prioritaires ?
Oui, le sujet monte en puissance. Le Medef national a lancé une tournée sur l’IA, et nous allons organiser des événements locaux pour entrer dans le concret : comment l’IA peut-elle servir les PME, dans la logistique, la finance, la R & D ? Il s’agit d’acculturer les dirigeants et de faire passer ce sujet du théorique à la pratique, autrement dit passer de discussions générales à des choses concrètes, utiles à nos entreprises.

Et qu’en est-il de la RSE, parfois jugée moins structurée en Vendée qu’ailleurs ?
Je pense que la RSE est dans l’ADN des dirigeants vendéens. Le volet social, notamment, est intégré depuis longtemps. Ce qui manque parfois, c’est la structuration. Il faut mesurer pour mieux améliorer, adapter et piloter. C’est valable aussi pour l’impact environnemental : si on veut progresser, il faut savoir d’où l’on part.

"La Vendée a résisté jusqu’ici, mais le ralentissement est bien là"

C’est l’objet de notre club RSE, dont la prochaine rencontre, ce que l’on appelle nos Cafés Medef, début juillet, portera sur l’énergie.

Quel est l’état d’esprit des entreprises vendéennes, dans le contexte actuel ?
Nous vivons une période d’instabilité économique, politique et géopolitique. La Vendée a résisté jusqu’ici, mais le ralentissement est bien là, et l’instabilité politique nationale et mondiale persiste et fragilise l’économie. En Vendée, certaines filières comme l’aéronautique ou le nucléaire tirent leur épingle du jeu, mais d’autres souffrent davantage, et tous les secteurs sont aujourd’hui touchés. Il faut continuer à faire le dos rond, en ayant à l’esprit que l’enjeu déterminant, pour demain, c’est la compétitivité. Le coût du travail reste un frein majeur. Innover, diversifier, exporter : ce sont les clés pour continuer à avancer. Mon ambition, c’est que le Medef Vendée reste une force vive au service de l’économie de notre département.

Vendée # Syndicats patronaux # Politique économique