TP : «Les élus ne doivent pas nous laisser tomber»
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TP : «Les élus ne doivent pas nous laisser tomber»





Après un exercice 2009 difficile, les entreprises de travaux publics des Pays de la Loire - 900 sociétés, 16.000 salariés-s'inquiètent d'une baisse des investissements des collectivités locales. Le point avec Thierry Le Friant, nouveau président de la Fédération régionale des TP des Pays de Loire.


Comment les entreprises de TP ont-elles traversé l'année 2009?

2009 a été une mauvaise année, avec une baisse de chiffre d'affaires que l'on estime entre 10 et 12% au niveau régional. Certains métiers ont davantage souffert, comme ceux de la route où la baisse a atteint 17%. En termes d'emploi, les entreprises, qui ont fait ces dernières années de grands efforts en matière de formation et d'accueil des jeunes, ont globalement maintenu leurs effectifs salariés. L'emploi intérimaire a en revanche souffert avec 15.000 personnes en moins sur le plan national. Au niveau des défaillances, s'il n'y a pas eu de mouvement massif, on sent tout de même les entreprises à la limite de la rupture. Les prix ont en effet chuté au-delà du raisonnable, ce qui fragilise avant tout les petites entreprises.


Le plan de relancen'aurait donc pas été la bouée de sauvetage espérée?

Le plan de relance, on ne l'a effectivement pas bien ressenti. Nous sommes plutôt dans une région mal lotie, car la baisse de chiffre d'affaires de notre profession en France est de l'ordre de 6%... Avec la FCTVA, les collectivités ont tout de même joué le jeu mais l'effet est malheureusement retombé assez rapidement.


Comment envisagez-vous 2010, année d'incertitudes pour les collectivités locales qui demeurent vos premiers clients?

Nous sommes quand même très inquiets. Il y a très peu d'appels d'offres en ce moment, ce qui augure mal des mois à venir. Cette raréfaction assez importante des appels d'offres n'est pas vraie partout en France. Je ne vois pas vraiment de signes qui nous donnent des motifs de satisfactions pour 2010. D'autant qu'à Nantes, à Carquefou ou du côté d'Ancenis, certaines opérations ont été différées. Dans la Sarthe et en Mayenne, il y a peu d'opérations. Heureusement que dans le Maine-et-Loire, il y a toujours les travaux du tramway d'Angers et que le conseil général de Vendée conserve un bon niveau d'investissement. Pour les autres collectivités locales de la région, on manque totalement de visibilité. Notamment de la part des communes, qui ont tendance à appuyer sur le frein en ce moment. Conséquence: les entreprises ont quatre mois de carnets de commandes, contre six à huit les années antérieures.


Que comptez-vous faire?

Clairement les élus ne doivent pas nous laisser tomber. Sinon, on va devoir envisager des réductions d'effectifs car il y a un moment où, en termes d'emplois, nous serons obligés de nous adapter à la taille du marché: le niveau d'activité est revenu en 2009 à celui du début des années 2000. Mais nos entreprises emploient 3.000 personnes de plus qu'à cette époque. Il ne faut donc pas que cette situation dure...Il nous faut donc convaincre nos clients, c'est-à-dire les collectivités locales, pour qu'elles maintiennent leur niveau d'investissement. Je comprends que cela ne soit pas simple pour elles avec la réforme de la taxe professionnelle et des collectivités. Mais il ne faut pas que l'investissement devienne pour elles une variable d'ajustement. Nous sommes en train de réfléchir à des actions pour cela.

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