Tôlerie industrielle du Fresne : Retour aux bénéfices après la mise en plan de sauvegarde
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Tôlerie industrielle du Fresne : Retour aux bénéfices après la mise en plan de sauvegarde

Patrick Hardy, dirigeant de la TIF au Fresne-sur-Loire et de Schneider Jaquet à Saint-Barthélémy-d'Anjou, sort la tête de l'eau après une baisse de 50% du chiffre d'affaires de la TIF en 2010. L'entreprise renoue avec les bénéfices en 2013 et a même investi sur une nouvelle machine.

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a Tôlerie industrielle du Fresne (TIF) que vous dirigez depuis 1989 a connu de grosses difficultés fin 2010 ?

En effet, avec la crise, l'entreprise (spécialisée dans la sous-traitance industrielle NDLR) a vu son chiffre d'affaires divisé par 2 entre 2009 et 2010. Fin 2010, on allait dans le mur, j'ai pris rendez-vous avec le président du tribunal de commerce de Nantes qui m'a proposé un plan de sauvegarde. C'est une décision très dure à prendre pour un chef d'entreprise, mais il faut savoir être réaliste : quand ça ne va pas, ça ne va pas ! Il ne faut pas être joueur. Nous n'étions pas en cessation de paiement, mais nous avions tout juste la tête hors de l'eau, il fallait réagir vite.


Comme s'est déroulée la procédure de sauvegarde ?

La première phase d'observation de 6 mois a été très dure. Je l'avoue, j'étais à la limite du burn out. Durant cette période, nous avons perdu notre plus gros client, qui pesait 35 % de notre chiffre. Mais, on s'est accroché. J'ai réduit la voilure au niveau des effectifs en procédant à 12 licenciements et le tribunal m'a accordé 6 mois supplémentaires. Il a fallu se remettre en question. Je suis devenu un malade de la gestion ! J'ai cherché les économies partout où c'était possible. Et nous avons dû nous réorienter vers d'autres métiers. Par le biais d'un de nos clients, vendeur de machines agricoles, nous sommes devenus intégrateurs. Jusque-là, nous ne fabriquions que des pièces, aujourd'hui nous produisons des machines finies.


Vous avez développé de nouveaux produits ?

En pleine tourmente, nous avons étoffé notre bureau d'études avec un recrutement afin de proposer des plans sur-mesure et nous avons beaucoup travaillé sur la polyvalence. Cela nous a permis de développer de nouveaux produits avec de nouveaux clients comme des barques en aluminium, nous en fabriquons désormais une quinzaine par an. Et même, si nous demeurons essentiellement sous-traitants, nous avons développé nos services en assurant la partie montage hydraulique ou mécanique. Et puis, j'ai quadrillé la France en 2011 à la recherche de nouveaux marchés. Au bout d'un an, plus de 26 % du chiffre d'affaires étaient liés à de nouveaux contrats. Au vu des chiffres prometteurs, le tribunal nous a une nouvelle fois accordés 6 mois supplémentaires.


Où en êtes-vous aujourd'hui ?

En 2012, nous étions tout juste à l'équilibre et en 2013, nous avons renoué avec les bénéfices. Avant 2008, notre CA était de 9 M€ avec 80 salariés. Fin 2013, nous arrivons à 5,5 M€ avec 50 salariés et un résultat net de 540.000 €. Cette année, nous avons même investi 250.000 € sur un 4e laser (découpe de tôle). Actuellement, notre souci est plutôt le manque de main-d'oeuvre sur nos métiers.


Vous êtes également à la tête de Schneider-Jaquet à Saint-Barthélémy-d'Anjou, fabricant de machines pour l'industrie agroalimentaire...

J'ai racheté cette société (23 salariés, 4,4 M€ de CA) qui était un de mes clients en 2007 avec l'objectif de contrôler une partie de ma sous-traitance. Je voulais aussi me tourner vers un produit propre. Nous fabriquons des silos, trieuses, tamiseurs. Jusqu'ici, nous étions axés céréales, mais nous avons développé de nouvelles machines pour nettoyer et séparer le bois, les minerais, le plastique... toujours avec l'idée de nous diversifier pour aller sur de nouveaux marchés et notamment à international. Depuis 2013, nous sommes présents pour la première fois en direct à l'export. 10 % de nos machines sont parties à l'étranger l'an dernier. Nous ciblons particulièrement le nord des USA et le Canada, depuis janvier nous avons un VIE sur place. Je regarde beaucoup en direction du Canada avec, pourquoi pas dans quelque temps, l'ouverture d'un bureau...

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