T.Oldak : Ouvrages maîtrisés

T.Oldak : Ouvrages maîtrisés

À quelques mois de la livraison de l'immeuble de bureaux «Le 244», la célèbre brasserie de la place du Capitole, Le Bibent, s'apprête à dévoiler le nom de son repreneur. Deux opérations aux retombées médiatiques et aux enjeux financiers importants et dont le pivot s'appelle Thierry Oldak. Aline Gandy

En se penchant sur le parcours de Thierry Oldak, on pourrait le croire dicté par cette citation de Pascal: «La chose la plus importante à toute la vie est le choix du métier: le hasard en dispose». Cette activité de promotion, construction et réhabilitation immobilière grâce à laquelle il a dégagé 5M€ de résultat en 2008-2009, il ne s'y est pleinement lancé qu'à l'âge de 30 ans, après dix années d'expériences professionnelles à première vue très disparates, en fait très fondatrices de ce qu'il allait devenir. Un Bac D en poche, il s'inscrit en fac de médecine à Toulouse en 1984, réussit le concours en 1986 mais renonce à cette voie l'année suivante, «parce que je ne la sentais pas faite pour moi», analyse-t-il. Ce qui l'est en revanche beaucoup plus, c'est «la compétition, le concours: une pression qui me galvanise.» Et cela se retrouve dans sa vie professionnelle comme personnelle. Champion de France junior de Scrabble à 17ans, il est encore à ce jour sélectionné en équipe nationale, classé 30e meilleur joueur français. Une véritable passion depuis ses 13 ans, lorsque sa grand-mère lui en explique les règles. Dès lors, l'esprit du jeu ne le quittera plus. Celui du dépassement de soi non plus. Après l'université, il entre dans la vie active. D'abord avec son père, comme vendeur, avant d'accepter différents postes de VRP. L'un d'entre eux consiste à vendre des coffrets pour arrêter de fumer. «À 3.000francs l'un», se souvient-il. Les affaires fonctionnent bien, trop peut-être: «J'avais l'impression de voler les gens, je n'en dormais plus.»




Apprendre de ses erreurs

Une page vite tournée, à laquelle succèdent une expérience au sein d'un cabinet de conseil pour sociétés en difficultés, puis une autre dans un groupe spécialisé en rapprochement d'entreprises, où il se forme à la comptabilité et au droit. En 1994, Fiducial lui offre un poste de consultant en fusion-acquisition de fonds de commerce. Il y reste quatre ans et se forge une expertise dans le secteur médical. Aux pharmacies et aux maisons de retraite vont bientôt succéder d'importantes transactions immobilières. «Je trouvais les immeubles, les acheteurs, réalisais les montages financiers et la commercialisation. Si je pouvais gérer une opération de A à Z pour d'autres, je devais être capable de le faire pour mon propre compte.» 1998. Thierry Oldak acquiert pour 800.000francs un bâtiment de la rue des Amidonniers qu'il revend un an plus tard «sans gagner un centime mais en ayant beaucoup appris de mes erreurs!» Presque en même temps, il rachète l'immeuble du Bibent, place du Capitole, et celui des Prud'hommes, rue des Arts. Les affaires se multiplient sur Toulouse puis Bordeaux à partir de 2004, toujours en portant une attention particulière à leur emplacement, «une garantie pour limiter le risque.» Le limiter et non s'en affranchir car, même mesuré, le risque financier existe, ce qui n'est évidemment pas pour déplaire au joueur de poker qu'il est.




Confiance mais exigence

Au-delà de cet aspect, il dit aussi rechercher «des projets qui, de par la qualité des gens avec qui je vais travailler, vont me nourrir intellectuellement et humainement.» Sa collaboration avec Axel Letellier sur «Le 244» (cf. ci-contre) en est une parfaite illustration. «Il m'a un jour invité au restaurant pour me faire part de son envie de collaborer avec moi», raconte le jeune architecte du patrimoine. Les deux hommes se connaissent, s'apprécient mais Axel Letellier ne s'attend pas à la proposition que va lui faire Thierry Oldak. «De but en blanc, il m'a demandé: «15.000m² de bureaux, ça te tente?» Il savait que ce n'était pas ma spécialité, encore moins sur de telles surfaces mais il croyait en moi, en mes idées, en ma capacité- similaire à la sienne- à relever des challenges.» Et d'ajouter: «Rares sont les personnes qui vous mettent le pied à l'étrier de cette façon, juste parce qu'ils ont confiance en vous.» Cette confiance, le cercle d'amis de Thierry Oldak la mentionne systématiquement. «C'est quelqu'un qui croit en les autres et que l'on n'a pas envie de décevoir, atteste le chef étoilé Michel Sarran. Il est également très généreux, fidèle en amitié et n'hésite pas à vous dire les choses quand ça ne va pas car il est exigeant, avec les autres comme avec lui-même.» Un portrait qui fait étrangement écho au slogan choisi pour «Le 244»: «L'exigence a son adresse»...