Avec 12% du marché national, Rhône-Alpes reste la deuxième région consommatrice de titres restaurant après l'Ile-de-France (32%). Mais ce système qui permet de prendre en charge la restauration des salariés pourrait bien être remis en cause. La raison? Un récent amendement déposé dans le cadre de la loi ?Hôpital, patients, santé et territoires? vise à étendre l'utilisation des titres restaurant aux détaillants de fruits et légumes. «Un mauvais coup du gouvernement», selon la Commission nationale des titres restaurant (CNTR), dont le siège est à Roanne. «Si la loi limite actuellement leur utilisation à l'achat de ?préparations immédiatement consommables ?, ça n'est pas pour autoriser les marchands de primeurs à les accepter, s'insurge Jean-Michel Reynaud, président du CNTR. Il faut instaurer les mêmes règles du jeu pour tout le monde!» Formellement opposée à la modification de la loi, la CNTR craint qu'en autorisant ce genre de pratiques, le gouvernement en profite pour invoquer la distorsion de concurrence et finisse tout bonnement par supprimer le titre restaurant. Cet outil, principalement utilisé par les PME, est en effet exonéré de cotisations sociales et de charges fiscales, engendrant ainsi un manque à gagner pour l'État. En progression constante depuis 3 ans (+6%), le marché pesait l'an dernier 4,5Md€ et touchait quelque 118.000 entreprises en France (20% en Rhône-Alpes). Quatre marques (Ticket Restaurant, Chèque Déjeuner, Chèque Restaurant, Chèque de Table) se partagent actuellement ce juteux marché.
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La CNTR, basée à Roanne, craint un mauvais coup du gouvernement après le dépôt d'un amendement qui vise à autoriser les détaillants de fruits et légumes à utiliser les titres restaurant.