«Lyon en 30 minutes, Paris en 1h30, ça vous changerait la vie?». La campagne de communication du Grand Roanne Agglomération tape fort. Les affiches placardées à Roanne, Lyon et Saint-Étienne veulent interpeller le passager. Les patrons du roannais, eux, ont déjà la réponse. OUI, c'est clair et net, le TGV qui mettrait Paris à 1h30 de Roanne et Lyon à 30 minutes leur changerait la vie. Et celle de leur entreprise.
Du temps de travail préservé
André Marcon, directeur de Nexter Systems l'a bien compris et s'est largement engagé dans le combat. Nexter a en effet la particularité d'avoir ses trois sites principaux à Versailles, Bourges et Roanne. Trois villes concernées par le tracé. Les salariés de Nexter Systems Roanne effectuent, en moyenne, une soixantaine de trajets vers les deux autres sites ainsi que vers Lyon. «8.000heures de trajet seront gagnées chaque année grâce à cette nouvelle ligne», martèle André Marcon. «Cela représente 1.000 jours de travail!».
Du business supplémentaire
Véronique Guillot-Raymond, co-gérante de la SARL Guillot assurances regroupant trois agences Generali va plus loin: «Nous nous rendons environ 25 fois par an à Paris pour rencontrer nos clients. Si le temps de trajet était plus court, nous pourrions y aller beaucoup plus souvent, ce qui nous permettrait de développer un véritable réseau d'affaires sur la capitale». Julien Barras, fondateur de la TPE Href, créateur de contenus pérennes pour le web, met en avant la réactivité dont il pourra se prévaloir auprès de ses clients. «Je travaille essentiellement avec des éditeurs parisiens. Au pied levé, en cas d'urgence, je pourrai leur proposer un rendez-vous dans la demi-journée. C'est quand même un réel atout pour l'entreprise!». Pour Recoveo, spécialiste roannais de la récupération de données, la réactivité est incontournable. «Aujourd'hui, en cas d'urgence, nous envoyons un taxi récupérer le disque dur endommagé à Paris. Car cela prend moins de temps que de le faire voyager par le train...», ironise son dirigeant, Florent Chassignol. La plupart des patrons du Roannais voient dans ce TGV une réelle opportunité de convaincre plus facilement leurs clients. «On sait bien que, dans l'industrie, pouvoir montrer un outil de travail performant et sophistiqué, constitue un facteur primordial de la prise de commandecar cela sécurise le client», assure Charles-Henri De la Motte, directeur général de Steriflow, fournisseur d'autoclaves pour l'industrie agroalimentaire. «Nous avons des donneurs d'ordre dans le monde entier. Quand on leur annonce qu'il y a encore 4heures de trajet une fois à Paris, bien souvent l'envie de nous rendre visite s'évapore...». Jean-Louis Danjoux, dirigeant de l'entreprise textile TAD, enchaine sur le même credo: «des visites plus fréquentes de nos clients participeraient à la constitution de partenariats plus durables».
Attractivité
Au-delà de ces atouts individuels et collectifs, dont les retombées pourraient être très significatives pour Roanne et son agglomération, Laure Deroche, maire de Roanne, résume en un mot le gain essentiel: «attractivité». Pour l'élue, «Roanne va devenir une destination». Une étape décisive en terme de recrutement par exemple pour décider des cadres de haut-niveau à venir travailler pour des entreprises du Roannais. «J'ai du mal à faire venir des jeunes qualifiés à Roanne. Avec le TGV, ce sera complètement différent. Car le TGV, c'est aussi partir n'importe où le week-end!», sourit Laurent Marqué, directeur industriel de l'entreprise Setic spécialisée dans les machines de câblerie. Les réseaux économiques sont donc unanimes: oui au TGV à Roanne. Et vite!
Élus et milieux économiques roannais se serrent les coudes et font du lobbying à tous crins. Leur objectif: que la nouvelle ligne ferroviaire reliant Paris à Lyon passe par Roanne. Pour les patrons roannais, ce TGV serait une chance.