Texplained, la start-up qui sécurise les cartes à puces
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Texplained, la start-up qui sécurise les cartes à puces

La jeune pousse sophipolitaine vient de créer son propre laboratoire afin d'optimiser ses analyses de sécurité des puces électroniques.

Si de nombreuses entreprises se sont spécialisées dans la protection contre la cybercriminalité au sens large, les menaces pesant sur le cœur même des systèmes - les cartes à puces - sont peu, voire pas adressées. C'est là que se positionne Texplained, start-up sophipolitaine spécialisée dans la rétro-conception des puces qui vient d'investir une enveloppe d'environ 150 000 euros dans un laboratoire d'analyse. « Il s'agit de déconstruire la puce par diverses procédés chimiques et mécaniques, de prendre en photos ses différentes couches pour venir alimenter notre logiciel d'analyse automatisée Ares qui identifie la moindre faille de sécurité, de la contrefaçon jusqu'à l'introduction potentielle de portes dérobées lors de la fabrication », explique Clarisse Ginet, responsable développement de Texplained. Jusqu'alors sous-traité, ce processus est désormais internalisé afin d'être en mesure de traiter un volume d'activité plus important.

Lanceurs d'alerte

« Ces attaques invasives sont encore aujourd'hui mal estimées par les organismes de certification qui les considèrent comme résiduelles, du fait qu'elles nécessitent du temps, de l'argent et une expertise pointue. Mais avec l'arrivée des objets connectés dans notre vie quotidienne qui, rappelons-le, disposent tous d'une puce, le phénomène va exploser », avance son fondateur Olivier Thomas, pour qui « l'instauration de crash-test sur les circuits intégrés serait aussi logique que ceux imposés pour les voitures ». Ce discours, on s'en doute, est encore mal perçu par les industriels dont l'image pourrait fortement en pâtir, même si certains sont « plus éveillés que d'autres ». Toutefois l'écosystème s'intéresse de plus en plus au sujet. En témoigne la conférence proposée par Texplained à La Hague en septembre dernier lors de la seconde édition du HardWare.io, grand raout consacré à la sécurité hardware, sold out un mois avant la date. « C'est un signe ».

Site e-commerce

La start-up fondée en 2013 veut donc en profiter pour accélérer la cadence. En un an, elle est passée de deux à sept personnes, et prévoit d'embaucher quatre ingénieurs supplémentaires en 2017. Car si la réalisation d'études à la demande lui a permis d'engranger 370.000 euros de chiffre d'affaires en 2015, le lancement programmé au cours du premier trimestre de son site e-commerce devrait booster l'activité. Les rapports issus de ses études y seront vendus auprès des fabricants de semi-conducteurs, des intégrateurs ou des organismes gouvernementaux qui souhaitent prévenir les attaques possibles. Et Texplained, soutenue par Bpifrance, d'envisager une levée de fonds en 2017 pour se consolider sur ce créneau qu'elle est encore la seule à occuper.

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