Tertre Rouge : La clinique dans l'attente
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Tertre Rouge : La clinique dans l'attente

SANTé. Après la vente au Centre médico-chirurgical du Mans (CMCM), la clinique du Tertre Rouge se prépare à un plan social. La mutualisation ne sera pas suffisante, annoncent certains syndicats, qui appellent à un véritable projet d'établissement pour relancer l'activité.

Fin juillet, le groupe Vedici propriétaire du Centre médico-chirurgical duMans (CMCM), rachetait la clinique du Tertre Rouge. Si l'avenir de celle-ci reste encore flou, les causes de la cession sont aujourd'hui connues. En perte d'exploitation depuis plusieurs années, la clinique a d'abord rencontré des difficultés à recruter des gynécologues obstétriciens en médecine libérale. Notamment pour remplacer des départs en retraite. «C'est un métier qui suscite peu de vocations en raison du rythme de vie qui impose de faire des gardes, et des lourdes responsabilités qui conduisent les médecins à payer des montants d'assurance élevés», explique Michel Lelièvre; l'ancien président de la clinique du Tertre Rouge, par ailleurs dirigeant de la clinique du Pré.




«Clinique surdimensionnée»

L'établissement a également eu des difficultés à réduire ses charges de fonctionnement. Ce que devrait parvenir à réaliser le CMCM en étendant à l'encadrement une mutualisation déjà existante au niveau de nombreux services: blocs opératoires, pharmacie, laboratoire, radiologie... Pour certains syndicats les causes sont cependant plus profondes. Et remontent à la construction en 2008 de la nouvelle clinique sur le Pôle santé sud (CMCM, Tertre Rouge et Centre Médical François Gallouédec). «C'était un projet ambitieux mais peu réaliste. La clinique est surdimensionnée. Elle était prévue pour accueillir 2.800 voire 3.000 accouchements par an. Or les médecins savaient déjà que leur nombre tournerait autour de 2.500, explique Martine Barrault, responsable du service des admissions à la clinique et déléguée syndicale CFE-CGC. Des charges très importantes sont dues à ces mètres carrés qui ne servent à rien.» Car dans le même temps, l'ouverture à l'hôpital du pôle mère-enfant, un service concurrent, grignotait l'activité. Malgré un bel outil, doté d'un bloc obstétrical avec onze salles d'accouchement et d'un service de néonatalogie très modernes, ou encore un retour de satisfaction des clients positif, la clinique du Tertre Rouge aurait alors manqué d'un projet d'établissement et des financements associés pour dynamiser l'activité. «En 2010, des propositions intéressantes ont été formulées mais elles ne se sont pas concrétisées: développement d'une activité de chirurgie pédiatrique, recrutement de gynécologues obstétricien, etc. Seule l'idée d'un relais naissance a vu le jour», détaille Martine Barrault, qui ajoute que certains médecins sont partis par désaccord avec cette stratégie.




Un PSE en rédaction

«La nouvelle direction devra non seulement se donner les moyens de recruter des praticiens mais aussi de définir un véritable projet. Sinon nous serons à nouveau dans la même situation dans six mois», commente-t-elle. Pour le moment, un plan de sauvegarde de l'emploi, prévoyant la suppression de 24 postes, est actuellement en cours de rédaction. Il pourrait devenir effectif dès la mi-septembre.




Vedici, géant hospitalier

Contactés, la direction du CMCM et le groupe Vedici, n'ont pas donné suite à nos appels. Cinquième acteur de l'hospitalisation privée en France, le groupe Vedici (5.000 salariés; 350M€), présidé par Jérôme Nouzarède, est en plein développement. Après avoir racheté ses trois premières cliniques auMans en 2001, il détient désormais 27 établissements d'une capacité totale de 3.144 lits et places.

Clinique du Tertre Rouge



200 salariés CA: 12M€ 02 43 78 58 58 www.tertrerouge.fr

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