Terrena ne manque décidément pas d'appétit. Depuis sa constitution, en 2004, la coopérative agroalimentaire a gagné 800M€ de chiffre d'affaires. Après les reprises l'an passé de la volaille d'Unicopa, de Mayenne Viande et du négociant Acti, elle entend bien continuer son festin. Certes, le dossier Arrivé semble désormais lui échapper, le groupe volailler vendéen, qui «intéressait très activement» les dirigeants de Terrena, venant d'entamer des négociations exclusives avec LDC.
Cibles bretonnes en vue
Mais Alain Guillemin, directeur général de la coopérative, a d'autres projets d'acquisition en tête. À commencer par une possible participation minoritaire au sein de Brocéliande, la branche charcuteries salaisons du Breton Unicopa (1.500 salariés, 250M€ de CA). «Sur ce périmètre, nous n'avons pas vocation à être majoritaire. Nous souhaitons jouer un rôle mais en nous adossant à quelqu'un qui pourrait conduire cette opération sur le plan opérationnel», indique Alain Guillemin. Le dirigeant ancenien se dit également «attentif» à certaines activités du groupe volailler finistérien Doux. «Contrairement au surgelé pour lequel nous n'avons pas les réseaux, le frais pourrait constituer de l'intérêt. Mais ce n'est pas à vendre», poursuit-il. La production animale n'est pas la seule cible d'Alain Guillemin, que la filière végétale ne laisse pas non plus indifférent. Terrena s'est ainsi récemment constitué avec Ného un réseau de distribution destiné aux arboriculteurs et aux professionnels des espaces verts. Il regroupe à ce jour six entrepôts (38M€ de CA); Terrena veut atteindre sur ce secteur une couverture nationale, ce qui passera par de nouvelles opérations de croissance externe.
De solides résultats 2008
Si le groupe ancenien affiche de fortes ambitions alors que le monde agroalimentaire est en pleine phase de concentration, il ne manque pas non plus de moyens. À presque 3,9milliards d'euros, le chiffre d'affaires 2008 est en hausse de 16%. Une croissance provoquée pour moitié par la hausse du prix des matières premières, mais aussi par l'élargissement du périmètre et la croissance organique. Le résultat net (38M€) est pour sa part en croissance de 29%, symbolisée par le redressement de Gastronome, bénéficiaire pour la deuxième année consécutive. Ces bons résultats économiques nourrissent une capacité d'autofinancement de 113M€, en progression de 33% sur un an. De quoi permettre à Terrena de poursuivre son développement. Par le biais d'acquisition donc, mais pas seulement. Terrena multiplie aussi actuellement les alliances avec d'autres industriels agroalimentaires de l'Ouest. Le regroupement des activités laitières avec celles de Coopagri et Even a ainsi donné naissance l'été dernier au cinquième collecteur de lait français.
Autre terrain sur lequel s'aventure aujourd'hui la coopérative: la R & D.Car «c'est dans la différence que l'on crée de la valeur», indique Hubert Garaud, son président. À l'automne, le groupe a ainsi pris une participation minoritaire au capital de la start-up quimpéroise Agrauxine, spécialisée dans les biotechnologies appliquées à la protection et à la nutrition des végétaux. Cette année, une équipe de cinq personnes a été mise en place afin de travailler sur de nouvelles technologies agricoles. Disposant d'une enveloppe de 3M€ en 2009, cette cellule de R & D s'appuie sur 400 agriculteurs adhérents qui expérimentent sur le terrain de nouvelles approches (irrigation des cultures, collecte de la paille, production d'énergie par méthanisation, etc.).
L'international?
Bref, Terrena fait actuellement feu de tout bois. Il n'y a un qu'un seul champ qu'elle n'a pas encore véritablement exploré: l'international. À en croire, Hubert Garaud, cela ne devrait pas toutefois tarder: «C'est une réflexion qui commence à germer au sein du conseil d'administration. Demain, elle s'inscrira dans notre logique».
Après un exercice 2008 très positif, la coopérative ancenienne veut accélérer sa croissance. Par des acquisitions mais aussi en initiant des programmes de R & D.