«Inique», «atterrant», «inacceptable», «incompréhensible»... Les adjectifs ont fusé dans le monde économique girondin pour commenter la décision du ministère de l'Écologie de ne pas donner suite au projet d'un terminal méthanier au Verdon. Le 23juillet, le commissaire du gouvernement, Jean-Claude Le Clech, a indiqué au conseil de surveillance que le gouvernement ne souhaitait pas renouveler l'option de location qu'avait déposée 4Gas pour implanter un terminal méthanier au Verdon.
Démission de la moitié du conseil de développement
Derrière le refus de l'État se cache la volonté de Dominique Bussereau, secrétaire d'État aux Transports et élu de Charente-Maritime, de torpiller le projet. Patrick Thomas, président du conseil de développement du port de Bordeaux, a annoncé dès le 23juillet sa démission. Il a été suivi dans sa démarche par la moitié des membres du conseil de développement le 27juillet. «Les représentants du Grand port maritime de Bordeaux et des ouvriers dockers (...) présentons ce jour notre démission de cette instance de gouvernance fantoche dont les décisions sont aujourd'hui foulées aux pieds pour des raisons purement électoralistes», a déclaré à la presse Jean-Yves Sanguinet, représentant CGT et ?porte-parole? du collège 2 (salariés). Les neuf membres du collège 1 (entreprises) ont également annoncé leur démission, ainsi que trois personnes du collège 4 (personnalités qualifiées) représentant RFF, TLF et l'Union des industries chimiques. La CCI de Bordeaux avait annoncé le 24juillet la démission de son représentant au conseil de surveillance, Alexandre Zhendre.
Demande d'une nouvelle convention de 4Gas
Pour le monde portuaire, ce n'est pas tant l'arrêt du projet qui choque que la façon dont il a été annoncé. «Dominique Busserau avait déclaré: ?nous sommes en démocratie et nous laisserons la procédure aller à son terme?, se souvient Jean-Paul Sandraz, président du conseil de surveillance. Mais la décision du gouvernement ne permet même pas l'instruction du dossier. Sur quoi se base Le Clech pour affirmer que la qualité environnementale du projet n'est pas suffisante? Un nouveau dossier était en préparation!» 4Gas n'entend pas en rester là et déposera avant la fin de l'année une demande pour une nouvelle convention. «Si nous n'obtenons pas l'accord du Port de Bordeaux, nous ne manquons pas de recours juridiques tant au niveau français qu'européen», prévient Henk Jounkman, Dg de 4Gas France.
À la demande du gouvernement, 4Gas ne bénéficie pas d'une prorogation pour l'option de location qu'il avait déposée au Verdon. L'opérateur néerlandais présentera un nouveau dossier et envisage de porter plainte.