Gaz de Normandie demande au préfet la suspension de la procédure d'instruction de son dossier d'autorisation d'exploitation du terminal méthanier d'Antifer. La filiale de Poweo invoque la recherche de nouveaux partenaires financiers. L'annonce en aura surpris plus d'un, y compris chez les plus farouches détracteurs du projet. La filiale de l'opérateur énergétique Poweo, Gaz de Normandie (GdN), a demandé en janvier au préfet de suspendre l'examen de sa demande d'autorisation d'exploitation pour le terminal méthanier d'Antifer. Une requête qui intervient moins de trois mois après son dépôt, le 30octobre dernier!
Six mois de délai pour un nouveau tour de table Et pour justifier ce retournement soudain, GdN invoque la «mise en place d'un partenariat industriel solide». Engagée dans ce projet aux côtés de la CIM qui gère le terminal pétrolier d'Antifer, la compagnie se donne six mois pour élargir le tour de table et trouver de nouveaux partenaires, précisant d'emblée que cela ne remet pas en cause le projet en tant que tel. C'est du moins l'annonce faite par Loïc Capéran, directeur général de Poweo et P-dg fraîchement nommé de Gaz de Normandie en remplacement de Frédéric de Manneville qui a depuis quitté le groupe. Un événement qui pourrait marquer une reprise en main du projet par l'actionnaire principal de GdN, lui-même contrôlé par l'Autrichien Verbundt, après de multiples changements dans l'organigramme, régulièrement pointés du doigt par les opposants au projet.
«Cela reste un bon projet» Dès l'annonce faite, le collectif d'élus de la Côte d'Albâtre qui milite contre l'implantation du terminal méthanier, s'est réjoui d'avoir «gagné une bataille». «Cela nous renforce et mobilise les gens davantage», expliquait le maire de Saint-Jouin Bruneval François Auber. De son côté, Gaz de Normandie insiste sur le fait «que cela reste un très bon projet» et qu'en tout état de cause «cela ne veut pas dire que nous y renonçons», insiste Bruno Leredde, le directeur adjoint du projet.