«Taxe sur la bière ? À la va-vite et injuste»
# Industrie

«Taxe sur la bière ? À la va-vite et injuste»

Stéphane Kerdodé,


président de la Brasserie Lancelot au Roc-Saint-André Le Sénat avait ramené la taxe sur la bière à 120%, les députés viennent de la ramener à 160%. Qu'en pensez-vous?

L'association des Brasseurs de France, dont je suis adhérent, n'a pas baissé la garde. Mais le projet de loi de financement de la sécurité sociale a été rejeté au Sénat, on est reparti sur 160% d'augmentation à l'Assemblée Nationale. Une mesure injuste car les bières ne représentent que 16% de la consommation d'alcool. Les vins ne sont pas concernés. Pour la hausse du tabac, il n'y a pas de distinction entre les brunes et les blondes. Or le projet était de taxer la bière quinze fois plus que le champagne. La plupart de nos députés nous ont écoutés mais cela n'a pas été suffisant.


Cette mesure pourrait être retoquée à Bruxelles...


Je n'y crois pas trop. Bruxelles ne peut pas interférer avec notre consommation intérieure.

Il faut pourtant comparer les consommations et ne pas uniquement avoir le souci d'harmoniser les taxes. Nos députés devraient savoir que nous sommes un des pays d'Europe qui consomme le moins de bière. 30 litres par an par habitant. L'Angleterre est à plus de 150 litres...




Quel sera l'impact pour votre entreprise?

Un peu plus de 200.000euros. Nous sommes en pleine reconstruction de nos prix. Avec l'inconnue de la réaction des consommateurs l'an prochain puisque les taxes seront récupérées sur l'exercice 2013. D'autant plus qu'il y aura l'effet cumulatif du passage d'un taux de TVA de 19,6% à 20%. Sans parler des augmentations de prix des matières premières. En tant que dirigeant, je veux continuer à investir mais nos élus doivent avoir en tête que seules les entreprises peuvent réellement créer des emplois. J'aurais préféré qu'on me donne l'obligation de recruter à hauteur de 200.000euros. Avec ça, je crée quatre postes, j'améliore le taux de confort de mes salariés et cela réinjecte du pouvoir d'achat dans l'économie. Au lieu de cela, on s'est retrouvé avec une mesure incohérente, lancée à la va-vite. Comme beaucoup des décisions prises actuellement.

  • TROIS QUESTIONS
# Industrie