Visio-conférences trop statiques, liaisons Skype souvent interrompues... les outils de travail collaboratif à distance ont des marges de progrès à faire. Partant de ce constat, l'équipe de Tamaplace a peaufiné depuis 2012 l'application Tamashare. Grâce à elle, plusieurs personnes, connectées d'un clic, se retrouvent, à l'instar d'une réunion physique, autour d'une table virtuelle et peuvent travailler conjointement sur divers supports : textes, dessins, tableaux, photos. Chacun peut instantanément prendre la main : barrer, entourer, modifier le texte, annoter... « En sus de la présence vidéo des interlocuteurs, l'innovation réside dans cette interactivité manuelle qui rend les réunions plus créatives et efficaces, décrit Yannick Brudieux, président de Tamaplace. Autre atout : la possibilité d'afficher des documents, sans passer par un serveur extérieur ou cloud, ce qui offre une sécurité sur la confidentialité. Enfin et surtout, quelle que soit la connexion réseau, ça marche. Notre application utilise deux fois moins de bande passante que Skype par exemple. »
Premier client : le blended-learning
Commercialisée depuis juillet dernier, cette application téléchargeable gratuitement moyennant une licence annuelle de 500 euros pour l'animateur des réunions, a fait ses premiers pas dans le domaine du blended-learning (Ndlr : apprentissage mixte associant enseignement en ligne et présentiel) au sein d'écoles suisses et polonaises ou d'entreprises multi-sites ou adeptes du télétravail. « On compte 1 500 utilisateurs et depuis septembre, nous avons conclu un partenariat avec Lenovo pour pré-embarquer notre application dans leurs appareils », annonce Yannick Brudieux, pour qui « 2017 sera une année charnière pou la commercialisation avec cependant un gros travail d'évangélisation à faire sur ces nouveaux usages ».
Nouvelles applis pour la maintenance industrielle
Intégré depuis 2012 au cluster Aérospace Valley, Tamaplace a noué, en parallèle, un fructueux partenariat avec la société de conseil et de services du numérique, CGI, basée au Haillan. Bénéficiant de l'aide financière de Digital Aquitaine et la Région (300 000euros), les deux sociétés ont élaboré une nouvelle application, Maeva, basée sur le même concept que Tamashare mais adaptée à de la visio-expertise pour notamment des techniciens de la maintenance industrielle ou de pilotage de situation de crise. « Airbus, qui apprécie son utilisation fluide l'a adoptée pour filmer l'intérieur des avions et faire des comparaisons avec des images 3D » se réjouit le dirigeant de Tamaplace. De plus, en association avec Areospace Valley, Tamaplace développe, dans le cadre de l'appel d'offres européen Neptune, une solution de travail collaboratif permettant à 120 personnes de neuf pays de mener à distance, en groupe et sous-groupe, simultanément, des réunions XXL. Fort de ces différents projets, Tamaplace table, en 2017, sur un CA prévisionnel de 600 000 euros.