Jean-Pierre Tacquet ne s'en cache pas. Il y a toujours une part d'instinct dans les orientations qu'il donne à son entreprise. Le créateur de Tacquet Industries, la PME de Carvin spécialisée dans l'usinage sur site, prend un nouveau virage. «Nous attaquons le marché récurrent en national en complément de notre particularité déclinée sur les opérations spéciales», annonce Jean-Pierre Tacquet.
Goût affirmé pour l'international
Avec 3,3M€ de chiffre d'affaires réalisés cette année après presque sept ans d'existence, Tacquet Industries a aujourd'hui une reconnaissance internationale. Ses clients s'appellent Alsthom, Areva, Arcelor, etc. La PME et ses 20 salariés interviennent pour eux pour des travaux spécifiques, en France mais également aux quatre coins de la planète. Pourquoi donc aller chercher des marchés récurrents? «Pourquoi me passer de ce genre de marchés?», martèle le dirigeant. Il y voit forcément de nouvelles opportunités en cas de baisse d'activités sur ses débouchés spécifiques mais aussi une façon de se faire connaître auprès d'autres entreprises. «Ce marché quotidien renvoie également à de grosses entreprises, à des centrales nucléaires... Intégrer ces sites nous permettra d'être sollicités ensuite sur des besoins très particuliers. Nous sommes désormais sur une offre globale.» Ce positionnement a un coût: 200.000€ vont être investis en matériel dédié.
Piquage en charge au menu 2011
Dans le même temps, une autre activité émerge: le piquage en charge. «Il s'agit de forage dans les tuyauteries en charge sous pression. Il y a un potentiel important en France pour tout ce qui touche aux réseaux d'eaux et de gaz, aux centrales nucléaires, cimenteries...» Le terrain de jeu français ne sera pas le seul. Un partenariat a été noué avec une société anglaise. «Nous avons déjà des opportunités et des dossiers ambitieux que nous souhaitons décrocher.»
Pas de nouveaux développements sans structuration en amont. Ce qu'a fait le chef d'entreprise avant d'ouvrir une agence à Chateauneuf-les-Martigues, l'an passé. Le but: être au plus près des marchés liés à la pétrochimie, aux raffineries... Avec cette implantation dans le Sud, Tacquet Industries ambitionne de pouvoir recruter cinq à six personnes à terme. Actuellement, le patron réfléchit à un possible déménagement de son entreprise. Un temps pressenti pour s'installer sur la zone du château à Carvin, il n'a pas donné suite. «L'investissement était d'1,2M€. J'imaginais là-bas plein de machines, un essor important. Et puis, il y a une opportunité à Harnes. J'ai acquis un bâtiment pour 320.000 €. L'économie réalisée me permet d'investir dans nos nouveaux positionnements. Aujourd'hui, j'observe le marché de l'immobilier d'entreprises. Si rien n'a bougé d'ici les mois de mai ou de juin, nous irons sur Harnes.»
L'idée d'une holding fait son chemin
Sans cesse dans l'anticipation, le nouvel élu de la CCI Artois a déjà envisagé la façon dont il gérerait une nouvelle phase importante de croissance. «J'ai déjà été sollicité par de grands groupes pour un rachat. C'est sûr que cela donne à réfléchir mais ce n'est pas l'argent qui me motive. Je n'ai pas envie que Tacquet Industries perde son identité. Si nos nouveaux positionnements font recette, je réfléchis à une possible sectorisation de nos activités. Je suis prêt à monter une petite holding qui managerait le tout.»
Usinage Leader français de l'usinage sur site, Tacquet Industries, jeune PME de Carvin, part à l'assaut des marchés récurrents pour répondre aux besoins réguliers de ses clients et gagner de nouvelles opportunités. Une agence dans le Sud complète le dispositif.